Essais nucléaires français en Polynésie : exigence de vérité et propositions pour l'avenir

Actes du colloque • 20 février 1999
CDRPC, Lyon, 144 pages

Présentation
Les expérimentations nucléaires réalisées par la France en Polynésie de 1966 à 1996 ont constitué un véritable traumatisme économique, social, politique, écologique et sanitaire pour les populations de ce lointain territoire. Depuis la parution — au cours de l’été 1998 — des rapports d’étude de l’AIEA et de l’Inserm, plusieurs organisations rassemblées au sein du Réseau Solidarité Europe-Pacifique — en collaboration avec l’Église évangélique de Polynésie française, l’ONG polynésienne Hiti Tau, le Conseil œcuménique des Églises (Genève), le Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits, la Crii-Rad — demandent au gouvernement français que les archives militaires relatives aux essais soient ouvertes. Des chercheurs indépendants pourraient ainsi réaliser d’autres expertises afin que toute la lumière soit faite sur les conséquences des expérimentations nucléaires en Polynésie.
Le colloque « Les essais nucléaires français en Polynésie : exigence de vérité et propositions pour l’avenir », animé par les députées Marie-Hélène Aubert et Michèle Rivasi, qui s’est tenu le 20 février 1999 dans les locaux de l’Assemblée nationale — lieu symbolique de la démocratie qui a par trop manqué dans ce domaine des essais nucléaires — a rassemblé plus de 250 participants.

Sommaire

Ouverture
• Marie-Hélène Aubert, députée

• Patrice Bouveret, CDRPC

Première séance : Conséquences économiques,
sociales et politiques des essais

• Conséquences économiques de l’arrêt des essais en Polynésie, par Roland Oldham

• Le mouvement d’opposition aux essais dans le monde, par Jean-Luc Thierry

• Conséquences de la reprise des essais en Polynésie en 1995 : le procès des militants polynésiens,

par Hiro Tefaarere

• Débat

Deuxième séance : Vers une expertise indépendante
• Essais nucléaires et transparence, par Bruno Barrillot

• Les essais et la santé, par Abraham Behar

• Débat

Troisième séance : L’avenir : propositions et perspectives
Propositions du Pacifique

• Quelles perspectives d’avenir pour un développement soutenable de la Polynésie, par Angèle Teriitau

• Perspectives économiques, sociales, sanitaires, suite à l’enquête sociologique auprès des anciens travailleurs des sites nucléaires de Polynésie, par Gabriel Tetiarahi

• Les Églises de Polynésie et les conséquences des essais nucléaires, par Taaroanui Maraea

• Débat

Perspectives et propositions des forces politiques
• L’arrêt de tous les essais en laboratoire et l’élimination des armes nucléaires, par Denis Beaupin

• Débat

• Pour une initiative “Vérité” sur les essais nucléaires français, par Mgr Jabez Bryce
• Conclusion par Michèle Rivasi, députée

Rapport de la Crii-Rad
• L’état radiologique des atolls, par Corinne Castanier

 

Recommandations

Essais nucléaires français en Polynésie :
exigences de vérité et propositions pour l’avenir

Plus de 250 personnes ont participé au colloque. Parmi eux se trouvaient de nombreux militants de la Crii-Rad, de Stop Essais, des mouvements de paix, mais aussi des personnalités qui, depuis des années, ont soutenu l’action des militants polynésiens contre les essais nucléaires français.
Les principales recommandations de ce colloque tiennent en quelques propositions :

1 - Ouvrir les archives
La priorité des priorités consiste à obtenir — pour faire la vérité — l’ouverture des archives des essais nucléaires au public. Le secret militaire doit être levé. Les parlementaires se sont engagées à travailler dans ce sens auprès de leurs collègues, des ministres compétents, mais elles ont rappelé avec justesse, que leur tâche sera facilitée s’il existe un mouvement d’opinion pour soutenir leur action. C’est donc cette opinion qu’il faudra mobiliser, tant en Polynésie qu’en France. Ce mouvement devra s’appuyer sur le très large mouvement international qui, en 1995, avait protesté contre la reprise des essais décidée par Jacques Chirac.

Dans l’attente de l’ouverture des archives, il serait important de collecter et de rassembler toutes celles qui sont actuellement disponibles.

2 - Classement des atolls de Moruroa et Fangataufa
Après analyse des documents de l’AIEA, la Crii-Rad a demandé le classement des atolls de Moruroa et Fangataufa comme sites de stockage de déchets radioactifs (installations nucléaires de base) et leur inscription à l’inventaire des sites contaminés, en conformité avec le droit français et les principes fondamentaux de radioprotection. Une lettre ouverte au président de la République et au premier ministre a été faite en ce sens.

3 - Poursuite de l’information
Les intervenants polynésiens ont souligné l’importance de poursuivre chez eux l’information sur les conséquences politiques, économiques, sociales, sanitaires et écologiques des essais nucléaires. Dans ce sens, une traduction en langue maohi du livre Moruroa et nous est en réalisation. D’autres initiatives seront prises dans cette perspective avec, notamment, la tenue à Tahiti dans les prochains mois d’une conférence internationale du Nuclear Free and Independant Pacific (NFIP).

Comme l’ont souligné de nombreux participants au colloque à propos du rôle des médias, l’information sur les conséquences des essais nucléaires français dans le Pacifique reste également une priorité en France.

4 - Études indépendantes
Des études et enquêtes indépendantes sont à mettre en route sur les conséquences économiques, sociales, sanitaires et environnementales des essais nucléaires en Polynésie. Les députées proposent le lancement d’une enquête parlementaire qui nécessitera des procédures difficiles à mettre en œuvre. Sur le plan environnemental, des propositions de recherches sont faites par la Crii-Rad : il reste à faire une analyse des documents des organismes internationaux (AIEA, UNSCEAR), des documents fournis par la France (CEA, Armées) et éventuellement des expertises complémentaires sur les sites nucléaires. Sur le plan médical, nous avons eu des propositions sur la méthode. Reste à trouver les experts compétents et indépendants et les moyens financiers.

Les questions posées par l’étude sociologique réalisée en 1996 et 1997 auprès des anciens travailleurs des sites nucléaires de Polynésie et publiées dans le livre Moruroa et nous doivent obtenir des réponses officielles.

5 - Reconnaissance du fait colonial et nucléaire
Plusieurs intervenants ont souligné que le moment était peut-être venu d’engager un processus politique qui, s’appuyant sur la reconnaissance par la France du fait colonial et nucléaire en Polynésie, conduirait à des

« accords de Faa’a » par analogie aux récents accords de Nouméa. De tels accords ne sont pas inimaginables puisque, déjà, comme l’a mentionné Hiro Tefaarere, des contacts politiques sont en cours entre le Parti socialiste français et le parti indépendantiste de Polynésie Tavini Huiraatira.

6 - Soutien aux militants polynésiens
Concernant le procès en appel des militants polynésiens qui avaient manifesté contre la reprise des essais en 1995, un appel au soutien financier a été lancé. Il sera repris dans la presse sympathisante et sera également l’occasion de rappeler les recommandations du colloque du

20 février 1999.

Bruno Barrillot et John Taroanui Doom

 

Lettre ouverte
à M. le Président de la République

et à M. le Premier ministre

Objet : Atolls de Moruroa et Fangataufa
Réf. CC - Lo- 99/304

Valence, le 4 mars 1999

De 1966 à 1996, la France a effectué, sur les atolls de Moruroa et Fangataufa dans l’archipel polynésien des Tuamotu, 35 essais nucléaires atmosphériques, 137 essais souterrains et 15 tirs de sécurité.
Au terme de trente années d’expérimentations, le gouvernement français a demandé à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de réaliser une expertise de la situation radiologique des deux atolls, de déterminer s’il existe des risques pour la population et de faire des recommandations sur la nature, l’ampleur et la durée des activités de surveillance, des mesures correctives ou d’autres mesures qui pourraient être nécessaires (1).

L’AIEA a rendu public, en juin 1998, les rapports d’étude ainsi que les conclusions et recommandations qui en ont été tirées. Le bilan est catégorique (2) :

— « Il n’est pas nécessaire de poursuivre la surveillance de l’environnement de Mururoa et de Fangataufa à des fins de protection radiologique. »

— « Aucune mesure corrective n’est nécessaire à Mururoa et à Fangataufa pour des raisons de protection radiologique, que ce soit maintenant ou à l’avenir. »

La Crii-Rad a procédé à l’examen critique des documents édités par l’AIEA (rapport principal, rapport technique en 6 volumes et documents de synthèse). Le résultat de cette analyse sera publié prochainement (3) mais nous sollicitons d’ores-et-déjà votre intervention pour que soit officiellement reconnu :

• que les deux atolls constituent, du fait de la radioactivité accumulée dans leur sous-sol, des sites de stockage de déchets radioactifs de catégorie INB ;

• que les deux atolls ne peuvent être banalisés étant donné les niveaux de contamination de la biosphère, en particulier les niveaux de contamination en plutonium de certains motu de Moruroa.

1. Classement des atolls comme sites de stockage de déchets radioactifs (4)

Sur la base du terme source tel que l’a évalué l’expertise AIEA, l’activité totale des déchets accumulés dans les sous-sols des atolls atteint 13 729 TBq à Moruroa et 3 482 TBq à Fangataufa 5. Ces valeurs sont respectivement 371 fois et 94 fois supérieures au seuil de classement comme installations nucléaires de base (INB), catégorie qui regroupe les installations les plus importantes : centrales nucléaires, usines de retraitement et principaux centres de stockage de substances radioactives.

2. Inscription à l’inventaire des sites contaminés (4)

Les analyses publiées par l’AIEA révèlent une contamination étendue, mais très variable, de l’environnement accessible des atolls. Dans le secteur nord de Moruroa, les niveaux de plutonium 239 et d’américium 941, la répartition très superficielle des polluants et la présence de particules chaudes, imposent, au minimum, et à défaut d’une décontamination rigoureuse, la mise en œuvre de contre-mesures garantissant la signalisation des risques et le contrôle des accès.

Les conclusions publiées par l’AIEA — ni surveillance, ni contre-mesure — ne sont conformes ni au droit français, ni aux principes fondamentaux de radioprotection. Nous demandons, en conséquence, une régularisation de la situation des atolls. Au-delà de ce nécessaire alignement sur les normes en vigueur en métropole, nous souhaiterions attirer votre attention sur la dimension symbolique de cette reconnaissance juridique.

En 1956, de Gaulle prédisait aux Polynésiens que leur territoire pourrait devenir « un refuge et un centre d’action pour la civilisation toute entière » face « aux périls que la menace atomique fait peser sur la terre ». Huit ans plus tard, les atolls de Moruroa et Fangataufa étaient cédés à l’État français dans des conditions qui ne lui font pas honneur: cession gratuite, sans vote de l’Assemblée territoriale, assortie d’une clause stipulant qu’en cas d’arrêt des essais nucléaires, les atolls seraient restitués « dans l’état où ils se trouveront à cette époque, sans dédommagement ni réparation d’aucune sorte de la part de l’État ».

On ne réécrit pas le passé, mais il nous appartient, aujourd’hui, de clôturer dignement ces trente années d’expérimentations. La France peut choisir d’avaliser les conclusions de l’expertise internationale et interrompre toute surveillance. Cette décision résonnerait comme un ultime déni de justice. Notre pays pourrait, au contraire, décider de reconnaître la réalité de l’héritage radioactif qu’il laisse, et pour le très long terme, à la Polynésie : 149 dépôts de déchets radioactifs dans des sous-sols saturés d’eau, des rejets radioactifs dans les lagons et l’océan, un environnement contaminé, des secteurs à risque. Il ne s’agit pas d’alarmer les habitants de l’archipel des Tuamotu, et moins encore ceux du Pacifique Sud. Les capacités de dilution de l’océan sont considérables : au-delà des deux atolls, les risques resteront certainement négligeables, même pour les îles les plus proches.

Entre alarmisme et négation des réalités, il doit y avoir place pour répondre à l’exigence de vérité des Polynésiens. Il est de la responsabilité de l’État français d’assurer la surveillance des sites, de suivre l’évolution des rejets et d’engager une réflexion sur la façon de conserver, sur le très long terme, la mémoire du contenu radioactif des atolls.

Restant dans l’attente de votre décision et à l’entière disposition de vos services pour tout complément d’information, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre très haute considération.

Pour la Crii-Rad La directrice,
Corinne Castanier

1) Le mandat de l’étude incluait une évaluation prospective à long terme, mais excluait l’évaluation rétrospective des doses reçues dans le passé, notamment lors des essais atmosphériques.
2) Les auteurs précisent que même « des erreurs importantes n’influeraient pas sur les conclusions ». Le texte intégral est présenté en annexe 1.

3) Dans le cadre des actes du colloque « Essais nucléaires français en Polynésie : exigence de vérité et propositions pour l’avenir » qui s’est tenu le 20 février 1999 à l’Assemblée nationale.

4) Les principaux éléments de notre argumentation sont développés dans les page précédentes.

5) Ces valeurs sont exprimées en équivalent du groupe 1. 1 TBq (térabecquerels) = 1 000 milliards de becquerels (l012 Bq). Le becquerel est l’unité légale de mesure de la radioactivité.

 

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