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Annexe
I du cahier
n°5
de l'Observatoire des armes nucléaires françaises
Pollution à l’uranium
appauvri lors du crash
du Boeing d’El Al en 1992 à Amsterdam
Les dangers
de l’utilisation d’uranium appauvri dans l’industrie aéronautique
apparaissent clairement lors des suites de cet accident d’aviation. La
plupart des informations ci-après proviennent d’un rapport de la
Fondation Laka des Pays-Bas analysant les conclusions d’une enquête
du Parlement hollandais sur cet accident publiée en 1999.
La présence
d’uranium appauvri dans les structures du Boeing est attestée par
Paul Loewenstein, directeur technique et vice-président de la société
américaine Nuclear Metal Inc. (couramment désignée
sous le nom de Starmet) et fournisseur en uranium appauvri de Boeing.
Paul Lowenstein a même affirmé que de grandes pièces
en uranium peuvent s’oxyder rapidement et soutenir une combustion lente
lorsque la chaleur de l’air atteint environ 500 degrés Celcius.
Lors d’un incendie, la possibilité de dispersion de particules
d’uranium appauvri dépend de plusieurs facteurs : la température,
l’éventualité, pour les fragments d’uranium, d’être
en présence d’oxygène (en fait si ces fragments sont directement
atteints par l’incendie), la vitesse du vent. Dans le cas d’un feu de
carburant où la température dépasse de beaucoup les
500 °C, il est clair que les structures qui entourent les pièces
en uranium appauvri sont également brûlées.
Ces détails
techniques sont importants, car, après l’accident les responsables
officiels ont reconnu que le Boeing contenait 390 kg d’uranium appauvri.
El Al a précisé qu’au cours des opérations de maintenance
sur cet avion, 45 kg sur un total de 435 kg d’uranium appauvri avaient
été remplacés par du tungstène. Cependant,
en 1998, après enquête, il est apparu que la quantité
totale d’uranium appauvri au moment du crash était de 282 kg au
lieu des 390 kg annoncés. Mais, après le crash, les quantités
d’uranium appauvri retrouvées sont loin de faire le compte : la
KLM en a retrouvé immédiatement après 90 kg, puis
un morceau de contrepoids de 37 kg et un autre fragment de 3 kg ont été
retrouvés. Ce sont probablement plus de 150 kg d’uranium appauvri
qui se sont consumé lors de l’incendie.
Les autorités
hollandaises n’ont reconnu la présence d’uranium appauvri que trois
jours après le crash, mais elles ont affirmé qu’il ne pouvait
pas y avoir eu de combustion des pièces en uranium appauvri. Une
nouvelle expertise a cependant été commanditée et
les conclusions, s’appuyant sur une étude de l’armée de
terre américaine confirmait que l’uranium appauvri, sous une température
comprise entre 350 et 600°, pouvait s’oxyder et se disperser en fine poudre.
A très haute température, les contrepoids pouvaient s’oxyder
complètement.
La Commission
d’enquête parlementaire hollandaise a reconnu que, selon toute probabilité,
des particules d’uranium appauvri ont été inhalées
par les sauveteurs et les populations environnantes. La Commission est
néanmoins prudente : elle estime qu’il est peu probable que cet
empoisonnement par l’uranium ait touché un grand groupe de citoyens
et de sauveteurs.
On sait cependant
qu’à la suite de ce crash, 850 habitants du quartier où
le Boeing s’était écrasé ont dû être
traités pour des " maladies inhabituelles "
. Ce " désastre après le désastre "
comme l’appelle la Fondation Laka est une triste illustration des utilisations
de l’uranium appauvri tant pour les besoins industriels que pour des besoins
militaires.
Et le crash
du Concorde à Roissy ?
Plusieurs
informations que nous avons citées dans ce rapport peuvent laisser
penser que des éléments en uranium appauvri ont pu être
retirés des décombres de la catastrophe :
- les deux
sociétés françaises qui usinent des pièces
à l’uranium appauvri (SICN et CERCA) attestent qu’elles sont fournisseurs
de pièces pour l’aéronautique et CERCA présente deux
compagnies aériennes françaises Air France et UTA comme
ses clients,
- l’ANDRA
suggère d’ajouter dans son inventaire des sites contenant des déchets
radioactifs d’ajouter les ateliers de maintenance aéronautique
où se trouve de l’uranium appauvri,
- le société
américaine Starmet, principal fournisseur de produits à
l’uranium appauvri, citait encore en 1999, ses activités pour la
construction aéronautique.
Une enquête
devrait être diligentée pour vérifier cette éventuelle
présence d’uranium appauvri dans les structures du supersonique.
Comme pour le crash d’Amsterdam, des expertises médicales devraient
être réalisées auprès des sauveteurs et des
personnels qui ont participé aux opérations de déblaiement
de l’épave.
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CDRPC 2001
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