Sommaire
1 - Avalanche de généralités
2 - Un agenda pour le désarmement nucléaire de l¹Europe
: proposition des ONG
3
- Compléments d¹information
New-York
(De nos envoyés)
1
- Avalanche de généralités lors des premières
interventions des Etats
Le
27 avril, deuxième jour de Prepcom, a vu les interventions
des USA et de la France après celle de l'Union Européenne.
Les États-unis ont été surprenants dans leur
arrogance à dénoncer les violations du TNP de la
part de l'Iran principalement, en consacrant presque toute leur
intervention sur ce sujet. De leur point de vue, le TNP est en
crise actuellement à cause de quelques pays qui développent
des armes nucléaires, sous couvert de programmes civils.
Et la solution pour le président Bush est simple : un pays
comme l'Iran qui a beaucoup de pétrole n'a aucune raison
de s'équiper de réacteurs nucléaires. Une
proposition surprenante est même avancée : les usines
d'enrichissement d'uranium devraient être interdites aux
pays non-nucléaires en échange d'une promesse de
vente de combustible pour réacteurs provenant des pays
nucléaires (la dépendance énergétique
rejoint la dépendance économique). On ne peut imaginer
meilleur plaidoyer pour montrer le lien automatique du nucléaire
civil avec le nucléaire militaire !
Les
propositions françaises ont été décevantes
pour ne pas dire inexistantes. Après un satisfecit décerné
à la Libye, les problèmes posés par l'Iran,
la Corée du Nord et le Pakistan sont brièvement
évoqués. La France se réjouit du protocole
additionnel de l'AIEA qui devrait renforcer les mesures de contrôle.
La France conclue en souhaitant que le Conseil de sécurité
adopte une nouvelle résolution pour donner une nouvelle
impulsion " aux actions nationales et internationales de
lutte contre la prolifération ". Doit-on y voir des
menaces de nouvelles guerres d'intervention ?
L'Europe
a fait entendre sa voix par sa présidence irlandaise, mais
on ne peut qu'être déçu par le message anodin
et insipide qui en sort. " Il faut faire des recommandations,
dans l'esprit du multilatéralisme, renforcer les normes
du traité et améliorer les mécanismes de
vérification... " Beaucoup de généralités
d'une fadaise et banalité navrantes. L'Iran inquiète,
on félicite la Libye, Cuba et le Timor. On applaudit au
Traité de Moscou entre la Russie et les USA (traité
SORT), alors que ce traité ne prévoit qu'une mise
au placard d'armes nucléaires que l'on pourra récupérer.
L'Union Européenne demande une zone sans armes nucléaires
au Moyen-Orient, mais on ne cite pas Israël, pour ne pas
fâcher. En ce qui concerne le traité d'interdiction
des essais, l'Europe insiste pour que tous les états le
signent, mais sans nommer les Etats-Unis, le seul Etat à
défier ce traité ouvertement et impunément.
L'UE regrette le blocage total de la conférence du désarmement
à Genève mais sans proposer des structures pour
sortir de la crise. Le voeu de conclusion est à l'unisson
du vide de propositions : " il convient de respecter les
trois aspects du traité :1) le désarmement 2) la
non-prolifération 3) l'utilisation pacifique de l'énergie
nucléaire.
Claude
Thomas-Collombier.
Bernadette Lucet
Dominique Lalanne
2 - Table ronde des ONG à New York : un agenda pour
le désarmement nucléaire de l'Europe
Proposition
de l'Observatoire des armes nucléaires françaises,
présentée à la table ronde des ONG ce 28
avril à New York
L'opinion
publique européenne ne perçoit plus le danger des
armes nucléaires. L¹épée de Damoclès
qui flotta sur le monde, et l¹Europe en particulier, pendant
près d¹un demi-siècle s¹est estompée
peu à peu à la suite de mesures de désarmement
qui n¹ont fait, en réalité, que contrôler
l¹évolution d¹arsenaux surdimensionnés.
Les armes nucléaires réparties aujourd'hui dans
les arsenaux de neuf États continuent pourtant à
menacer la sécurité de la planète.
L'Union
européenne compte près de 700 ogives nucléaires
qui se répartissent entre les deux puissances nucléaires
européennes officielles française (385) et britannique
(185) ; les Etats-Unis entreposent 150 ogives sur les territoires
de six pays européens.
Les
traités internationaux, les accords bilatéraux et
multilatéraux de contrôle des armements et de non-prolifération
et autres protocoles n¹ont pas pu encore parvenir à
la création d¹un monde exempt d¹armes nucléaires.
Mais, force est de constater que depuis la fin de la guerre froide
(1989-1990) et l'effondrement soviétique (1991), la communauté
internationale a vu les arsenaux nucléaires de quatre des
cinq puissances nucléaires officielles (États-Unis,
Russie, France, Royaume-Uni) se réduire quantitativement.
Cependant
depuis la prorogation du TNP en 1995, puis sa seconde révision
en 2000, très peu d'avancées ont été
faites par les principales puissances nucléaires. Au contraire,
la Communauté internationale a assisté à
des reculs importants avec le retrait de la Corée du Nord
du TNP, le retrait américain du traité ABM et les
diverses révélations concernant le trafic de matières
nucléaires.
Par
conséquent, c¹est à la " vieille Europe
" de prendre l¹initiative d'insuffler et de provoquer,
non pas de simples mesures de réduction du nombre d¹ogives
mais l¹élimination totale des armes nucléaires,
comme le stipule le Traité de non-prolifération.
La France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de
sécurité des Nations unies et puissances nucléaires
pourraient prendre le leadership de cette initiative européenne,
soutenue par l¹ensemble des pays de l¹Union européenne.
Propositions
européennes pour relancer un processus de désarmement
nucléaire - Jean-Marie Collin (Observatoire des armes nucléaires)
Introduction
:
L'opinion
publique européenne ne perçoit plus le danger des
armes nucléaires. Lépée de Damoclès
qui flotta sur le monde, et lEurope en particulier, pendant
près dun demi-siècle sest estompée
peu à peu à la suite de mesures de désarmement
qui nont fait, en réalité, que contrôler
lévolution darsenaux surdimensionnés.
Les armes nucléaires réparties aujourdhui
dans les arsenaux de neuf Etats continuent pourtant à menacer
la sécurité de la planète.
L'Union
européenne compte près de 700 ogives nucléaires
qui se répartissent entre les deux puissances nucléaires
européennes officielles française (385) et britannique
(185) ; les Etats-Unis entreposent 150 ogives sur les territoires
de six pays européens.
Les
traités internationaux, les accords bilatéraux et
multilatéraux de contrôle des armements et de non-prolifération
et autres protocoles nont pas pu encore parvenir à
la création dun monde exempt darmes nucléaires.
Mais, force est de constater que depuis la fin de la guerre froide
(1989-1990) et leffondrement soviétique (1991), la
communauté internationale a vu les arsenaux nucléaires
de quatre des cinq puissances nucléaires officielles (Etats-Unis,
Russie, France, Royaume-Uni) se réduire quantitativement.
Cependant
depuis la prorogation du TNP en 1995, puis sa seconde révision
en 2000, très peu d'avancées ont été
faites par les principales puissances nucléaires. Au contraire,
la Communauté internationale a assisté à
des reculs importants avec le retrait de la Corée du Nord
du TNP, le retrait américain du traité ABM et les
diverses révélations concernant le trafic de matières
nucléaires.
Par
conséquent, cest à la "vieille Europe"
de prendre linitiative dinsuffler et de provoquer,
non pas de simples mesures de réduction du nombre dogives
mais lélimination totale des armes nucléaires,
comme le stipule le Traité de non-prolifération.
La France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de
sécurité des Nations unies et puissances nucléaires
pourraient prendre le leadership de cette initiative européenne,
soutenue par lensemble des pays de lUnion européenne.
Vers
une politique commune du désarmement et de la non prolifération
nucléaire ?
Jusquau
début des années 80, le désarmement et la
non-prolifération nucléaire pouvaient difficilement
faire lobjet dune véritable politique européenne
concertée. Le cadre des négociations se situait
quasi exclusivement dans le cadre de négociations bilatérales
américano-soviétiques. De plus de nombreuses divergences
existaient entre les membres de la Communauté européenne,
par exemple :
La France et l'Espagne nétaient pas membres du TNP
et critiquaient la logique du Traité;
deux Etats nucléaires (France et Royaume-Uni) poursuivaient
leurs expérimentations nucléaires et refusaient
denvisager une quelconque participation aux négociations
de désarmement nucléaire;
A
partir du milieu des années 1980 les pays membres de la
Communauté européenne décident de créer
un groupe de travail spécifique sur la non prolifération
au sein du mécanisme intergouvernemental de la Coopération
politique européenne (CPE).
Entre
1985 et 1990, la coopération en matière de non-prolifération
s'intensifie avec notamment la première déclaration
commune des Douze, à loccasion de la Conférence
des Nations unies sur les usages pacifiques de lénergie
nucléaire en 1987.
Dès
1991 les Européens multiplient les initiatives communes
et font de la non-prolifération un sujet important de la
PESC alors émergente. Mais c'est avec l'adhésion
de la France au TNP, en août 1992, que naîtra une
véritable politique européenne plus active. De même,
les Européens ont été à lorigine
de la déclaration commune du Conseil de sécurité
des Nations unies du 31 janvier 1992, assimilant la prolifération
des armes de destruction massive à une menace pour
la paix et la sécurité internationale.
Lidée
de mener une action commune pour la Conférence de révision
du TNP en 1995 fut avancée par le comité de la PESC
à lautomne 1993. Cette suggestion fut finalisée
lors du sommet de Corfou (24-25 juin 1994) sur la base des positions
suivantes :
parvenir à la prorogation illimitée et inconditionnelle
du TNP ;
promouvoir cet objectif auprès des Etats parties au traité
qui ne partageraient pas ce point de vue ;
convaincre les Etats non membre du TNP dy adhérer.
La
préparation de la Conférence dexamen du TNP
de 1995 fit lobjet dune action commune des Quinze
avec l'objectif principal de parvenir à la reconduction
illimitée du TNP. Cette action se traduisit alors par de
nombreux contacts entre Européens et avec les Etats hostiles
à cette idée dans le but de les rallier à
leur position.
Cette
action commune se révéla être un double succès
:
D'une part elle permit l'unification d'une politique européenne
commune de non prolifération en rassemblant autour d'une
seule position les pays nucléaires et non nucléaires,
les pays membres de lAlliance atlantique et les pays neutres
;
D'autre part le lobbying diplomatique européen permit de
parvenir à l'objectif principal de proroger le TNP de façon
illimitée ;
Malgré
cette action commune de 1995, il faut regretter l'absence de continuité
dans la poursuite des négociations et des positions à
prendre entre Européens lors des conférences préparatoires
au TNP qui suivirent cette première révision de
1995. Les années 1995-2000 sont ainsi marquées par
labsence de toute initiative européenne majeure.
Pire, nous voyons une Union européenne peu innovante dont
la seule satisfaction se limite à quelques déclarations
attendues et sans réel impact.
Pour
autant, il est bon de retenir pour l'avenir quelques satisfactions
qui démontrent que l'Union européenne peut être
un acteur majeur du désarmement et de la non prolifération
nucléaire si les pouvoirs politiques en place dans les
différents pays le décident :
Les Européens apparaissent beaucoup plus efficaces quand
ils sont unis derrière un objectif précis et réaliste
à court terme. Ces objectifs peuvent être atteints,
s'il y a une véritable confrontation des positions entre
les acteurs étatiques afin de prévoir les obstacles
lors de négociations. La solidarité européenne
sur une position commune préalablement définie sera
par conséquent un atout lors des conférences internationales
;
Si le changement de présidence de l'Union européenne
tous les 6 mois permet d'avoir une Europe en perpétuel
mouvement, il est nécessaire que les actions entreprises
s'inscrivent dans la durée, garant de succès diplomatiques
;
Les questions techniques ne doivent pas être négligées
et doivent être travaillées car il y a risque, pour
lUnion européenne, de perdre certaines négociations
précises et de n'apparaître compétente que
pour des déclarations générales ;
Limplication des plus hautes autorités politiques
(chef de lexécutif ou ministre) est indispensable
pour mobiliser les diplomaties européennes et pour parvenir
à un consensus dynamique.
Vers
une Europe sans armes nucléaires :
LUnion
européenne compte une grande diversité d'Etats impliquant
de nombreux régimes politiques (monarchie, régime
parlementaire et présidentiel), des ambitions internationales
différentes et par conséquent des points de vue
et des exigences qui sont parfois contradictoires sur les moyens
d'actions pour parvenir à un désarmement nucléaire
général et complet.
Ainsi
au sein de l'Union européenne, nous pouvons distinguer
quatre groupes d'Etats :
deux puissances nucléaires (France et Royaume-Uni) ;
trois Etats qui revendiquent un statut dit de neutralité
(Autriche, Suède, Finlande) ;
deux Etats faisant partie de la New Agenda Coalition (Suède,
Irlande) ;
dix Etats qui ont la capacité de produire des armes nucléaires,
grce à leurs compétences et connaissances
des technologiques de lindustrie nucléaire civile
(Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Danemark,
Portugal, Grèce, Irlande), mais qui ont renoncé
à se doter de cette arme.
Si
nous pouvons distinguer quatre groupes d'Etats avec des statuts
différents, nous percevons une position identique de refus,
au sein de la plupart de ces pays, face à l'idée
de voir un jour l'Union européenne devenir une puissance
nucléaire :
la Finlande souhaiterait la destruction de toutes les armes nucléaires
tactiques de lEurope ;
la Suède a une position ancienne et affirmée contre
ces armes ;
lAutriche, la Suède, la Finlande et lIrlande
rejettent toute idée de voir se greffer un concept nucléaire
au sein de la politique européenne de sécurité
et de défense ;
lAllemagne, est sans doute un des pays européens
les plus opposés à toutes forces nucléaires,
sentiment renforcé depuis les années 1980, lorsquelle
était visée à la fois par les armes nucléaires
françaises et soviétiques.
Les dix nouveau pays de l'Europe centrale, orientale et du nord
qui rejoindront l'Union européenne le 1er mai 2004, ont
tous été soumis au risque de la première
frappe par des armes nucléaires tactiques américaines,
françaises et anglaises. Ces pays ne désirent plus
se retrouver dans la situation dEtats ´ tampons ",
sacrifiés dans un conflit majeur !
L'Union
européenne apparaît donc majoritairement hostile
à l'armement nucléaire et par conséquent
favorable à toutes mesures qui permettraient de diminuer
puis d'éliminer cette arme de destruction massive.
Les
pays appartenant à l'Union européenne ont ratifié
les différents traités internationaux de contrôle
et de non prolifération nucléaire. Ainsi s'ils sont
tous membres du TNP (la France dernier pays de l'UE à y
adhérer en 1992) il faut remarquer malgré sa non
entrée en vigueur, la ratification du CTBT par les 25 membres
de l'Union européenne. A cet égard, la France et
le Royaume-Uni ratifièrent le même jour ce traité,
signe d'une volonté commune de parvenir à son entrée
en vigueur. Tous les pays d'Europe, la France et le Royaume-Uni
en particulier sont favorables à la mise en uvre
d'un traité sur l'interdiction de production de matières
fissiles (Cutt-off)
Outre
cette volonté de remplir des obligations juridiques internationales,
nous constatons pour les deux puissances nucléaires européenne,
la France et le Royaume-Uni, une baisse de leurs arsenaux nucléaires
depuis le milieu des années 1990. Cette diminution quantitative
s'est traduite expressément par des actions unilatérales
de désarmement :
Pour la France, suppression des composantes sol-sol (Hadès,
Pluton, missiles stratégiques du plateau d'Albion) ;
Pour le Royaume-Uni, suppression de la composante aérienne.
Cependant
ces actions de désarmement unilatérales pourraient
se transformer en actions multilatérales. En effet ces
deux nations ont toujours prétexté quelles
ne sengageront à conduire de véritables mesures
de désarmement, que lorsque les Américains et les
Russes auront ramené le niveau de leurs forces nucléaires
à un niveau dit de suffisance, un niveau qui sera atteint
en 2012 (obligation du traité SORT). Par conséquent
le temps des discours est terminé. Il nest pas utile
dattendre la date fatidique de 2012 pour commencer à
préparer des négociations qui seront longues. Dès
aujourdhui le Royaume-Uni et la France peuvent préparer
un plan de désarmement nucléaire commun.
La
voie choisie par la vielle Europe est bien celle du désarmement
nucléaire et de la lutte par tous les moyens (diplomatiques,
politiques, économiques ainsi que l'usage de la force)
contre la prolifération nucléaire. Le document élaboré
par Monsieur PESC Javier Solana intitulé "Stratégie
de l'Union européenne contre la prolifération des
armes de destruction massive" affirme cette lutte. De même
ce document met en avant l'importance des mesures multilatérales
dans la maîtrise des armements face aux solutions unilatérales
telles que la contre prolifération ou la défense
préventive qui semble détruire le régime
de non-prolifération et non le préserver.
Le
dernier élément en date qui montre que ce sujet
préoccupe nos dirigeants politiques est une résolution
du 26 février 2004 du Parlement européen sur le
désarmement nucléaire. Celle-ci
demande ´à l'Union européenne et aux
Etats qui en sont membres - dans un esprit de 'véritable
multilatéralisme', de solidarité et en poursuivant
la stratégie contre la prolifération des armes de
destruction massive - de constituer un front commun lors du comité
préparatoire du TNP et de la conférence d'examen
du TNP de 2005, et de contribuer aux discussions de façon
positive; demande instamment que leurs déclarations accordent
une importance spéciale à de nouvelles initiatives
sur le désarmement nucléaire et à une revitalisation
de la conférence des Nations unies sur le désarmement."
Par
conséquent, l'Europe se retrouve de fait dans une position
dacteur majeur du désarmement nucléaire. Tout
le démontre : la posture politique de la plupart des pays
contre larmement atomique, ladhésion à
des règles internationales de contrôle des armements
et de non prolifération nucléaire, enfin lengagement
de la France et du Royaume-Uni dans la voie du désarmement
nucléaire, seuls pays capables dimpulser aujourdhui
une véritable dynamique du désarmement nucléaire
à léchelle européenne puis internationale.
Vers l'ouverture d'une conférence européenne
et internationale du désarmement et de la non prolifération
nucléaire :
La communauté internationale a décidé en
1995 de reconduire indéfiniment le Traité de non-prolifération
nucléaire. Afin de suivre les étapes et les engagements
des puissances nucléaires, une conférence de révision
a lieu tous les cinq ans, précédée par trois
conférences de préparation (en loccurrence,
avril 2002, mai 2003, avril 2004). Si lUnion européenne
et donc plus particulièrement la France et le Royaume-Uni
sengagent pleinement dans un processus délimination
des armes nucléaires, ils devront annoncer leurs actions
entreprises dans ce sens et leur plan, lors de la conférence
de révision de 2005 à New York, pour créer
une dynamique internationale.
Dans
le but de parvenir à lancer cette dynamique de désarmement,
laction de la France et du Royaume-uni et de lUnion
européenne pourrait prendre la forme dune double
initiative dès 2005 : une initiative franco-britannique
soutenue et renforcée par une initiative européenne.
Linitiative
franco-britannique aurait principalement pour but de mettre en
uvre des mesures de désarmement unilatérales
et bilatérales, qui ne remettraient pas en cause la sécurité
de leurs pays et de leurs populations. Cette initiative pourrait
prendre la forme dun calendrier non daté, mais qui
fixerait les étapes à franchir pour parvenir à
un désarmement nucléaire général et
complet.
Linitiative
européenne pourrait prendre la forme dune conférence
européenne et internationale du désarmement et de
la non prolifération nucléaire. Un certain nombre
de difficultés internationales ont été levées
par le passé grce à ce genre dinitiative
(la conférence dOttawa permit la mise en uvre
dun traité sur les mines antipersonnel) avec limplication
et le soutien de la société civile. La France et
le Royaume-Uni pourraient être les acteurs majeurs de cette
conférence par un discours commun, ils annonceraient leur
volonté de diminuer leurs arsenaux nucléaires puis
à terme de dénucléariser totalement leurs
territoires.
Fort
de cet engagement, le conseil des ministres de lUnion européenne
pourrait sengager à créer une zone européenne
exempte darmes nucléaires. Cette zone pourrait très
rapidement prendre forme et se créer en trois temps :
La première zone inclurait les 10 nouveaux pays membres
de lUE, les trois pays scandinaves (Suède, Finlande,
Danemark), ainsi que la Grèce, lEspagne et le Portugal;
Second temps, la zone sétendrait à quatre
nouveau pays européens (Belgique, Pays-Bas, Italie, Allemagne)
après le retrait effectif des armes nucléaires américaines
de leurs territoires;
Dernier temps, une fois le désarmement nucléaire
achevé en France et au Royaume-Uni, lUnion européenne
deviendrait la première zone dénucléarisée
occidentale.
Un
grand nombre de pays sont favorables au multilatéralisme
qui est ressenti comme un signe de démocratie internationale.
Cest pourquoi, cette conférence aurait le soutien
immédiat de nombreux Etats parmi lesquels on pourrait compter
les pays membres de la New Agenda Coalition, le Japon, ou encore
des puissances nucléaires dites du seuil (Inde, Pakistan)
qui pourraient alors sasseoir à la table des négociations
et être pris en compte comme des puissances nucléaires
à part entière.
La France et le Royaume-Uni soutenus par lUnion européenne
ont des clefs incontestables pour parvenir à impulser un
processus de désarmement nucléaire, qui une fois
mis en uvre sera une garantie pour la sécurité
et la stabilité de la communauté internationale.
Jean-Marie COLLIN
3 - Compléments
d’information