Sommaire
1 - Ouverture de la session préparatoire du TNP
2 - Les priorités des diplomates européens
3 - Compléments dinformation
1 - Ouverture de la session préparatoire du traité de non-prolifération
New York (de nos envoyés)
La prolifération nucléaire était à l'ordre du jour, ce lundi 26 Avril 2004 , au siège de l'ONU à New-York. Au cours de cette session qui prépare la révision du traité de non prolifération (TNP), les ambassadeurs des 188 pays doivent préparer une "délibération par consensus" pour la conférence de révision prévue en 2005.
Environ 69 organisations non gouvernementales participent aux sessions à l'ONU et présentent aujourdhui mardi 27 Avril 2004, leurs critiques et souhaits concernant le désarmement nucléaire.
Une vingtaine de maires de grandes villes, venus du monde entier, assistent également aux débats et le maire d'Hiroshima interviendra personnellement pour interpeller la communauté internationale sur l'urgence du désarmement nucléaire.
Les projets d'armements nucléaires de nouveaux pays d'une part, les projets de bombes miniaturisées ("mininukes") pour le champ de bataille projetées par les USA d'autre part, ébranlent la confiance dans "la totale élimination des armes nucléaires" à laquelle se sont engagés tous les signataires du traité.
Le représentant du Mexique a insisté fermement et solennellement, lundi matin, au nom de la coalition d'Etats très actifs à l'ONU pour le désarmement (New Agenda Coalition) sur le risque de voir les essais nucléaires recommencer. Il a rappelé que le démantèlement des armes nucléaires et leur complète élimination est une obligation pour les Etats nucléaires .
Stop Essais et le Mouvement de la Paix participent aux sessions à l'ONU avec plus d'une vingtaine de délégué(e)s.
Claude Thomas-Collombier.
Bernadette Lucet
Dominique Lalanne
2 - Les priorités des diplomates européens à la conférence de New York
Début avril 2004, Dominique Lalanne de Stop Essais et deux collègues britanniques avaient préparé le terrain en rencontrant, à Genève, les ambassadeurs dAllemagne, de Grande-Bretagne et de France à la Conférence du Désarmement.
Les rencontres préparatoires avec les diplomates des trois grands de lUnion européenne en charge du désarmement ont permis de mieux connaître les priorités que les trois pays avanceront à New York fin avril. Pour lAllemagne, il faut procéder par étapes. Le traité dinterdiction des essais dabord, puis le FMCT (traité sur larrêt de la production des matières fissiles) dont on parle actuellement beaucoup à la Conférence du Désarmement à Genève. Les Chinois qui mettaient des conditions au FMCT semblent maintenant dans de meilleures dispositions.
Du côté britannique, on se dit également favorable à une démarche par étapes avec des accords bilatéraux USA/Russie. Lambassadeur anglais estime quaujourdhui, il lui semblerait normal de démanteler les armes nucléaires tactiques (dont certaines restent encore sur le territoire de lUnion européenne). Mais la priorité anglaise, lors de la PrepCom de New York portera plus particulièrement sur des mesures de vérification et de contrôle sur le cycle du combustible nucléaire qui est souvent la voie ordinaire de la prolifération des armes nucléaires.
Nos délégués ont également été reçus par M. François Rivasseau, ambassadeur de la France auprès de la Conférence du Désarmement. Ce dernier a confirmé que quelques ouvertures se faisaient jour à la Conférence du Désarmement sur le FMCT (matières fissiles) et quil serait temps de faire une synthèse en proposant une structure de vérification plus complète qui pourrait entre proposée par lONU.
Selon lambassadeur, des progrès dans lélimination des armes tactiques pourraient être prometteurs. Mais laspect le plus important est lobligation pour les USA à ratifier le traité dinterdiction des essais car cela montrerait de leur part, lacceptation dune élimination possible à terme de leur armement nucléaire. Sans signature du CTBT, il ne peut être attendu une attitude positive des USA. M. Rivasseau pense que le point fort de la prochaine PrepCom devrait être linsistance générale de la communauté internationale pour demander aux Etats-Unis de signer le CTBT, ce qui constituerait un premier signe vers un processus de désarmement nucléaire. Pour lui, les ONG ont un rôle important à jouer sur ce sujet.
Concernant la prolifération et lemploi darmes nucléaires, lambassadeur français ne pense pas quil y ait un danger du côté des puissances nucléaires officielles. Par contre il peut y avoir un certain danger pour des frappes provenant dEtats nouvellement nucléaires, les Etats nucléaires de-facto, comme la Corée du Nord ou le Pakistan, a-t-il précisé. De ce point de vue il semblerait judicieux de pouvoir intégrer ces Etats à la dynamique du traité de non prolifération sous une forme qui leur donnerait un statut particulier car il est clair que ces Etats ne désarmeront pas pour intégrer le TNP.
Dominique Lalanne
3 - Compléments d’information