L'état des forces nucléaires de l'Inde

Forces nucléaires stratégiques : 30-40 têtes nucléaires
Nombre
Portée
Mise en service
Type / Puissances
Têtes nucléaires
Bombardiers          
Mig-27 Flogger / Bahadur
165
800 Km
1985
nc
nc
Jaguar IS / IB/Shamsher
131
1 600 Km
1979
nc
nc
Missiles SRBM / IRBM
Prithvi I SRBM
75
150 Km
1995
nc
nc
Agni I IRBM
nc
1 500 Km
1994
nc
nc
Agni II IRBM
15
2 200 Km
2001-2002
nc
nc

 

L'Inde veut ses trois composantes nucléaires

"Venons à bout de ce conflit face [Inde] à face [Pakistan]. Nous nous sommes déjà combattus trois fois, qu'il y ait une quatrième guerre " !

Vice-Premier ministre indien, Lal Krishna Advani, 1er décembre 2002 (1)

Depuis la création de l'État indien en 1947, la volonté de donner à ce pays une indépendance sur tous les plans (énergétique, militaire, spatial) prédomine et ce, quelque soit le parti politique au pouvoir. Au milieu des années quarante Homi Bhabha (père de la bombe atomique indienne) va créer le Tata institute of fundamental research. Cet institut permettra à l'Inde d'être la première puissance nucléaire du tiers-monde

L'accession à la capacité nucléaire de ce pays remonte aux prémices de la recherche nucléaire mondiale. L'histoire nucléaire de ce pays (1950 -1998) peut ainsi être divisée en trois périodes :

  • 1950-1964, la création du tissu civilo-militaire nucléaire : l'Inde va mener un double jeu en s'engageant pas à pas dans un programme militaire nucléaire et en prônant un désarmement général. C'est ainsi que grâce à sa politique de pays non alignée, l'Inde sera un des premiers pays à bénéficier du programme américain un atome pour la paix (2). Dans un souci de technologie duale, l'Inde va opter pour les réacteurs canadiens de type CANDU (3) capable de produire à la fois du plutonium et du tritium. Un glissement évident des activités nucléaires civiles vers un programme militaire venait de se jouer au cours de cette période (toutes les mesures d'inspections de l'AIEA seront refusées).
  • 1964-1974, naissance d'une puissance nucléaire : si l'Inde n'a pas encore en 1964 un vrai programme d'acquisition de l'arme nucléaire, c'est en grande partie, dû à la volonté de Nehru, plus enclin à développer la notion d'humanisme, d'un seul monde (one world). Cependant, trois évènements vont pousser New Delhi à rentrer au sein des puissances nucléaires (le décès de Nehru le 27 mai 1964, la première explosion nucléaire de la Chine le 18 juin 1964, la troisième guerre successive avec le Pakistan en 1971). Lal Bahadur Shastri devient le Premier ministre. Il poursuivra la politique de Nehru, c'est-à-dire chercher à s'assurer le bénéfice d'une garantie conjointe des deux grands vis-à-vis de la menace chinoise, s'opposer aux armes de destructions massives et mener des travaux de recherche nucléaire " à des fins pacifiques ". En 1969, Indira Gandhi lui succède, elle refuse de signer le TNP et engage fermement le pays dans une politique militaire nucléaire. Le 18 mai 1974, soit 10 ans après le test chinois, l'Inde fait exploser un dispositif nucléaire. Cette explosion sera qualifiée de pacifique par les autorités du pays.

Cependant, même pacifique ce test montrera une capacité de maîtrise de cette technologie, prouvera une égalité de l'Inde face aux autres puissances nucléaires et affirmera une supériorité sur le Pakistan.

  • 1974-1998, confirmation par les essais nucléaires : la réalisation d'une explosion nucléaire pacifique fera entrer l'Inde de plein fouet dans le monde des pays ayant la capacité de produire des armes nucléaires. Parallèlement, l'Inde mettra au point un programme spatial, lui permettant d'acquérir une maîtrise de la technologie balistique pour pouvoir déployer ses armes nucléaires. Après quarante années de clandestinité et de recherche secrète, l'Inde déclare et montre au monde entier sa capacité à détenir le feu nucléaire en procédant coup sur coup à deux essais nucléaires les 11 et 13 mai 1998.

Les deux composantes nucléaires indiennes

L'arsenal nucléaire indien est difficile à évaluer en raison de données contradictoires. Ainsi, selon les différentes analyses, l'arsenal de ce pays varie de 30 à 150 têtes nucléaires. Il semble cependant que le nombre de trente à quarante têtes nucléaires assemblées (c'est-à-dire prêtes à l'emploi) soit le chiffre le plus généralement admis, auquel se rajoute, une capacité de production supplémentaire de 45 à 95 ogives nucléaires, l'Inde ayant suffisamment de matière fissile pour fabriquer ce nombre d'armes.

L'Inde s'est doté d'un commandement nucléaire, Nuclear Command Authority (4) (Autorité de commandement nucléaire) lors d'une réunion (4 janvier 2003) de la commission du gouvernement sur la sécurité. Ce commandement sera seul chargé de gérer l'arsenal nucléaire et aura pour mission de coordonner d'éventuelles représailles atomiques et de renforcer sa capacité de décision face au Pakistan. La doctrine de non-recours en premier à l'arme nucléaire fut réaffirmée, tous en stipulant, qu'elle se réservait le droit de l'utiliser en cas d'attaque atomique, chimique ou biologique.

Cette décision, à une double portée :

  • auprès du Pakistan, qui doit voir dans la création de ce commandement, un message fort de l'Inde qui est militairement prêt à toute éventualité lors d'une guerre ;
  • auprès des instances et autorités internationales, l'instauration d'un organe de contrôle, permet à l'Inde de se revêtir d'une image propre, celle d'un État nucléaire responsable.

Composante terrestre

Le programme balistique indien est à la fois très avancé et très diversifié. En effet celui-ci comprend le développement de missile de courte portée (Prithvi) et de portée intermédiaire (Agni I et II) :

  • le missile de courte portée Prithvi : en raison de la faible portée du Prithvi I (150 Km), celui-ci est souvent qualifié de " réservé pour le Pakistan ". Ce missile testé une quinzaine de fois depuis 1988, peut recevoir selon ses concepteurs n'importe quel type d'arme (5) (conventionnelle ou nucléaire). Cependant, son rôle nucléaire ne fait aucun doute. Un test au cours de l'année 2003, d'une seconde version du Prithvi (portée de 250 Km) devrait être effectuée, renforçant ainsi le rôle de ses missiles de courte portée dans les forces indiennes ;
  • deux versions du missile de portée intermédiaire Agni sont en cours de développement. Agni I (1 500 Km), qui fut testé par trois fois entre 1989 et 1994. Cependant, le statut et le rôle de ce vecteur reste flou. Le développement d'une seconde version (Agni II 2 200 Km) donnera à l'Inde une capacité de frappe en profondeur tant au Pakistan qu'en Chine. Ce missile est devenu opérationnel en 2001/2002, et il devrait constituer pour les années à venir le principal vecteur des forces stratégiques indiennes. À l'avenir, une version installée sur des lanceurs mobiles sur rail ou sur camion devrait être produite. Il est à noter le développement d'une version longue de l'Agni (III) dont la portée serait supérieure à 3 000 Km. Ce missile, qui pourra être lancé à partir de véhicule mobile (sur rail où sur route) devrait être testé avant la fin de l'année (6) ;
  • Le 25 janvier 2000, une version courte de l'Agni (600 à 800 km) a été dévoilé avec le lancement d'un missile du complexe de tir militaire des îles Wheeler situées dans le golfe du Bengale, sur la côte Orissa. Depuis cette date, trois essais (7) ont été réalisés confirmant l'importance stratégique qui sera donnée à ce vecteur. Ce missile peut également être lancé à partir de lanceur mobile, le rendant ainsi peut vulnérable à une attaque. Il devrait incorporer les forces militaires indiennes avant la fin de l'année, pour devenir un élément clé face à la Chine et au Pakistan.

Le programme spatial indien a fortement contribué à la création des différents missiles balistiques. Ainsi, la mise au point d'un missile intercontinental (ICBM) pourrait fort bien être réalisé en moins de deux ans. En effet, l'Inde, à partir de son programme spatial, vient par deux fois de lancer (8) une fusée de quatre étages dans l'espace. Cette fusée Polar space launh vehicle (PSLV-C3), pourrait être convertie en un missile ICBM, si la demande était faite par les autorités indiennes. " Les technologies des missiles qui ont des portées entre 3 500 km et 14 000 Km sont très similaire. Nous avons ces technologies pour produire ces missiles, mais l'Inde, n'a pas besoin de missile à très longue portée ", V. K. Aatre, conseillé du Minsitre de la Défence indienne (9).

 

Composante aérienne

L'Indian air forces (AIF) possède de nombreux appareils capables de délivrer une bombe nucléaire. Cependant, cette composante nucléaire est principalement basée sur deux catégories d'appareils :

  • les Mig-27 Flogger (ou Bahadur) de conception soviétique. 165 appareils ont été fabriqués sous licence par Hindustan Aeroautics. Ils sont répartis sur 9 escadrons opérationnels ;
  • les Jaguar IS / IB (ou Shamsher) de conception franco-britannique. L'Inde possède 141 de ces avions, répartis en quatre escadrons.

Les forces aériennes indiennes comptent également d'autres type d'avions, comme les Sukhoi-30MKI et les Mirage 2000-H, qui sont actuellement assignés à des missions de défense, mais qui peuvent être rapidement équipés pour délivrer une bombe nucléaire.

L'Inde compte bien renforcer ses forces aériennes pour parvenir à son modèle d'armée 2020, qui comprendra une vingtaine d'escadrons multirôles. C'est ainsi, que l'Inde a finalisé un contrat (10) d'achat de 10 mirage 2000-H le 4 septembre 2000 avec la France. Toujours dans cette perspective, elle a signé un contrat de vente avec la Russie pour la fabrication sous licence de 140 avions Sukhoi-30 MKI. Il est à noter que l'achat de quatre avions Il-78 ravitailleurs à l'Ouzebekistan permettra à ses forces aériennes de pénétrer et de frapper un pays du Moyen-Orient qui serait tenté de soutenir le Pakistan en cas de guerre entre Islamabad et New Delhi.

Enfin les deux derniers signe d'un réel renforcement de cette composante : la livraison (11) (dans les mois à venir) par la Russie de deux bombardiers à capacité nucléaire Tu-22 et la signature (9 janvier 2003) d'un accord de location de quatre autres bombardiers (TU-22M3). Ces bombardiers dont le rayon d'action est compris entre 5 000 Km et 7 000 Km donneront à l'Inde la possibilité de frapper en profondeur la Chine.

 

En 2010, l'Inde aura sa triade nucléaire

L'Inde possède la sixième flotte de guerre au monde et la première marine régionale de l'océan indien. Actuellement, New Delhi est dans une dynamique de contrôle de l'Océan Indien et de montée en puissance de sa composante navale. Ainsi le but poursuivi dans l'acquisition de missile nucléaire mer-sol (Sagarika et Dhanush), dans la recherche de vecteur sous-marin (projet Advanced Technologiy Vessel) est de pouvoir répondre à une frappe nucléaire. L'Inde veut avoir une capacité de riposte nucléaire. Une capacité qui lui permettra de dominer militairement le Pakistan et de rivaliser à armes égales avec la Chine.

L'Inde possède la sixième flotte de guerre au monde et la première marine régionale de l'océan indien. Actuellement, New Delhi est dans une dynamique de contrôle de l'Océan Indien et de montée en puissance de sa composante navale. Ainsi le but poursuivi dans l'acquisition de missile nucléaire mer-sol (Sagarika et Dhanush), dans la recherche de vecteur sous-marin (projet Advanced Technologiy Vessel) est de pouvoir répondre à une frappe nucléaire. L'Inde veut avoir une capacité de riposte nucléaire. Une capacité qui lui permettra de dominer militairement le Pakistan et de rivaliser à armes égales avec la Chine.

Deux systèmes de missiles navals à capacité nucléaires sont en cours de développement :

  • le missile balistique Sagarika , lancé à partir d'un sous-marin, est à l'étude depuis 1991 et serait à un stade avancée de réalisation (12). Il devrait être déployé en 2010, ce qui correspondrait à la date de mise en service du SNLE indien ATV ;
  • le missile Dhanush pourrait également être utilisé à partir d'un sous-marin. Cette version navale du Prithvi à une portée de 250 km. Le 11 avril 2000, il a été testé d'un porte hélicoptère modifié (INS Subhadra).

La décision de construire un sous-marin à propulsion nucléaire a été pris en 1983 par Indira Gandhi. Afin de maîtriser la technologie de la propulsion nucléaire, l'Inde loua un SNA de type Charlie I à l'Union Soviétique entre décembre 1987 et février 1991 (13) . L'Inde est devenue ainsi le premier pays (en dehors des cinq puissances nucléaires officielles) à rentrer dans le club très fermé des possesseurs de sous-marins à propulsion nucléaire. Un réacteur servant de prototype à terre (14) a été construit au centre de recherche Atomique Indira Gandhi, à kalpakkam (sud de l'Inde).

Tout laisse à penser que la Russie (15) a aidé l'Inde à construire ce sous-marin nucléaire (16). En effet, des points communs sont assez troublants si l'on compare le sous-marin russe de la classe Severodvinsk et le futur sous-marin indien. Ils auraient tous les deux la même puissance (réacteur PWR de 190 MW), la même forme de coque et de nombreux officiers indiens en 1998 ont passé plus d'un an dans les chantiers navals russes d'Arkhangelsk, là ou est construit ce futur sous-marin russe. C'est la société privée, Larsen&Toubro (17) qui a fabriqué la coque du submersible (nom de code P 4102). L'ATV sera construit dans le chantier naval de Mazagan, près de Bombay.

À la suite de la visite en février 2002 du vice Premier ministre Russe Llya Klebanov, un protocole d'accord a été signé sur la location à l'horizon 2004, de deux SNA de classe Akula pour une durée de 5 ans (18). Cette location représente un double enjeu pour la marine indienne. Elle va lui permettre d'une part d'accroître sa présence (sur la RPC) dans le Golfe du Bengale et dans l'Océan Indien, mais surtout la location de ces deux sous-marins, va permettre de mettre au point son programme de sous-marin nucléaire (19). Si ce programme a pris une décennie de retard, il semble être peu à peu rattrapé depuis l'arrivée à la tête de ce programme du Vice Amiral. R. N. Ganesh.

Ce sous-marin nucléaire indien devrait être opérationnel en 2009/2010, périodes où l'Inde devrait (normalement) rendre les locations des deux Akula aux Russes. L'Inde projette par la suite de construire cinq autres sous-marins de ce type.


(1) 2002 : la poudrière indo-pakistanaise au bord de l'explosion, Le Figaro, 31 décembre 2002.

[2] Ce programme prévoit la fourniture de technologie nucléaire en échange d’un simple contrat moral de renonciation de ce savoir à des fins militaires. Or c’est grâce à ce programme que l’Inde va devenir une puissance militaire nucléaire !

[3] 1956, le Canada offre à l’Inde un réacteur CANDU de recherche et de production de plutonium (CIRUS). Puis deux autres réacteurs CANDU seront vendus par Ottawa. L'eau lourde nécessaire à ces réacteurs fut fournie par les Etats-Unis.

[4] Ce commandement stratégique comprend un conseil politique (le seul à pouvoir décider de l'utilisation de l'arme nucléaire) présidé par le Premier ministre Atal Vajpayee, un conseil exécutif (dirigé par le conseiller à la sécurité nationale Brajesh Mishra) chargé de mettre en pratique les ordres du politique.

[5] K. Alan Kronstadt, Nuclear Weapons and Ballistic Missile Proliferation in India and Pakistan : Issues for Congress, CRS Report for Congress, page 12, code RL30623, 31 juillet 2000.

[6] V K Aatre adviser to the Defence Minsiter, « The development of Agni-III is on. It is being designed to hit targets at a distance of more than 3,000 km. We will hopefully test-fire it before the end of the year ». Express of India, India rattles the sabre a bit more, this time it's 3,000 km-range Agni III, 11 janvier 2003, http://www.expressindia.com/fullstory.php?newsid=18331

[7] Dernier essai réalisé le 9 janvier 2003 à 8h47 à partir d’un lanceur mobile. Missile d'un étage de quinze mètres de hauteur et d'un mètre de large, d'un poids de 12 tonnes, pouvant transporter une charge d'une tonne.

[8]La fusée indienne PSLV-C3 a lancé et mis en orbite lors de ses deux derniers tirs (mai 1999 et le 22 octobre 2001) une charge utile de 1 200 Kg en orbite (ce qui correspondait à trois satellites). Cette charge peut atteindre 3 500 Kg.

[9] Express of India, India rattles the sabre a bit more, this time it's 3,000 km-range Agni III, 11 janvier 2003, http://www.expressindia.com/fullstory.php?newsid=18331

[10] Observatoire des transferts d'armements, Rapport 2001 : Tour du monde des pays acquéreurs, CDRPC, juin 2001, p 131.

[11] Disarmament Diplomacy, Missile tests and military tension in south asia, mars / avril 2002 n°63.

[12] Développé par l’Aeronautical Development Establishment (ADE) à Bangalore, en Inde méridionale.

[13] Cette offre de location entre les deux nations a été la première transaction militaire entre ces deux puissances qui jusqu'ici "s'ignorait".

[14] Bulletin of the Atomic Scientists, India's nuclear forces 2002, p 70-71, n° 2, volume 58, mars / avril 2002.

[15] Le Président Putin en mai 2000 a modifié le décret présidentiel sur les exportations nucléaires pour permettre à la Russie d'exporter vers l’Inde qui n’applique pas les règles de sauvegarde de l’AIEA à la fois de la technologie, de l’équipement et des matériaux.

[16] http://www.bellona.no/imaker?id=9518&sub=1 Russia helps India build nuclear submarine, Igor Kudrik 17/09/1998.

[17] Cette compagnie a fabriqué pour le gouvernement indien un prototype de lanceur pour le missile nucléaire Sagauka.

[18] Grâce à cette location, la Russie va pouvoir financer son programme de quatrième génération de SNLE de classe Severodvinsk. Le 20 janvier 2003, à la suite de la rencontre entre le ministre indien de la défense George Fernandes et le ministre de la défense russe Sergei Ivanov, un accord de location a été approuvé pour deux sous-marins à propulsion nucléaire de type Akula. Russia leases nuclear bombers to India http://www.guardian.co.uk/international/story/0,3604,878083,00.html

[19] Jane’s defence Weekly : Delhi to lease Russian SSNS 6 février 2002. Delhi, Moscow sign protocols but fail to agree on Gorshkov 20 février 2002.


 



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