Repères chronologiques
Les Tchétchènes habitent le Nord Caucase depuis plusieurs milliers d'années. Leur territoire a été occupé pendant de longues périodes par les Iraniens Alans - ancêtres des Ossètes - du IX ème au XII ème siècle, par la Horde d'or au XIIIème/XIV ème siècle, puis par l'empire Russe qui était en compétition dans la domination du Nord Caucase dès le XVI ème siècle contre ses rivaux ottomans et perses.
Sous le règne de Catherine II, début de la conquête russe. On assiste à une forte résistance à la colonisation de la part du peuple tchétchène, emmené par leur chef, l'imam Chamil.
1859 : Défaite de Chamil, la Tchétchénie passe sous contrôle russe. La conquête coloniale sanglante s'accompagne de déportations massives des populations caucasiennes vers la Sibérie.
1918 : après la révolution d'octobre, la Tchétchénie proclame son indépendance et combat les soldats russes blancs du général Denikine (opposé aux bolcheviks). Après la défaite des russes blancs en 1920, l'Armée rouge occupe la Tchétchénie, rencontrant une forte résistance.
La fin des années 20 et le début des années 30 sont marquées par une réaction armée à la politique de collectivisation des terres. Les soviétiques répriment cette guérilla, déportant les populations et procédant à de nombreuses exécutions. Différents statuts d'autonomie se succèdent et, en 1934, Moscou unit la Tchétchénie et l'Ingouchie, avant de créer une République socialiste soviétique autonome regroupant la Tchétchénie et l'Ingouchie en 1936.
1944 : le 23 février, les tchétchènes sont déportés sur l'ordre de Staline en Sibérie, qui les accuse de collaboration avec les nazis. 400 000 personnes trouveront la mort (un tiers de la population) durant cette déportation. Leur république disparaît avec leur culture et se voit colonisée par les russes et les géorgiens jusqu'en 1957.
1957 : Droit au retour après la déstalinisation. Le peuple déporté est réhabilité et une nouvelle république soviétique des Ingouches et des Tchétchènes est recréée. Le peuple tchétchène est à cette époque l'un des plus actifs et des plus indépendants de la zone nord-caucasienne, s'appuyant notamment sur d'importantes richesses pétrolières.
Ce long passé d'adversité et l'ampleur des violences commises par la Russie impériale puis soviétique marquée notamment par les nombreuses déportations des populations caucasiennes sera la source des diverses rancœurs et ressentiments exprimés par le peuple tchétchène à l'encontre des russes. Cette hostilité débouchera rapidement vers le conflit ouvert que l'on connaît après la chute du système soviétique.
1989-1994 : Fin de l'URSS - Indépendance de la Tchétchénie en tant que "république autonome" - séparation avec l'Ingouchie
1989 : chute du mur de Berlin.
1991 : L'URSS disparaît laissant place à 15 Etats indépendants.
Le général Doudaev, ancien général de l'armée de l'air soviétique, prend le parti de Boris Eltsine lors de la tentative de putsch des communistes conservateurs en Russie, et profite du flottement à la tête du Kremlin pour s'emparer du pouvoir en Tchétchénie. Il est élu président le 27 octobre et proclame la souveraineté de la République tchétchène d'Itchkérie le 1er novembre. L'OKTchN (Congrès National du Peuple Tchétchène) se proclame seul pouvoir de la République.
Toutefois, l'élection du 27 octobre est considérée comme nulle par les autorités fédérales russes et le Soviet Suprême de la République des Ingouches et des Tchétchènes (la seule officielle) ne reconnaît pas Doudaev comme le président légal. Il dénonce le comportement illégal du OKYchN et décide de revoter le 17 novembre.
27 novembre : Déclaration d'indépendance par le Soviet Suprême de la République Socialiste Soviétique des Tchétchènes et des Ingouches.
1992 :en mars, la République tchétchène refuse de signer le traité fédéral.
En juin, l'Ingouchie se sépare de la Tchétchénie. Un régime parlementaire est mis en place en Tchétchénie.
1993 : l'opposition à Doudaev
En janvier, une délégation parlementaire et gouvernementale russe conclut avec une délégation du Soviet suprême de la République tchétchène un protocole sur la délimitation des compétences entre les organes d'Etat de la fédération de Russie et ceux de la République tchétchène, qui devait être la base du traité correspondant, mais le document est désavoué par Doudaev. La République tchétchène n'organise pas le scrutin du 12 décembre 1993 pour l'adoption de la Constitution de la fédération de Russie et pour l'élection des députés à l'Assemblée fédérale.
mai : Le parlement tchétchène décide de remplacer Doudaev au poste de premier ministre par l'ancien vice-premier Mamodaiev. La Tchétchénie se retrouve avec deux gouvernements : l'un dirigé par Doudaev, l'autre par Mamodaiev.
De violentes confrontations armées éclatent entre manifestants de l'opposition et partisans de Doudaev. Les clans tchétchènes se déchirent pour la maîtrise du territoire.
juin : Des différents qui opposent Doudaev et le parlement provoque l'instauration d'un régime autoritaire. La situation économique se dégrade. 3 des 18 districts de la République tchétchène annoncent leur intention de faire sécession.
Moscou, qui ne reconnaît toujours pas l'indépendance de la Tchétchénie, choisit de temporiser avant de tenter un coup de force et apporte un soutien militaire à l'opposition du gouvernement de Doudaev afin d'instaurer un régime pro-russe.
1994-1996 : Première guerre de Tchétchénie
1994
Juin : Plusieurs chefs de l'opposition, dont Khasboulatov, se voit retirer leur droit de résidence par Doudaev. Le gouvernement d'opposition dirigé par Mamodaïev mènera sa politique depuis Moscou.
Le 4 juin, l'opposition réunit un Congrès du peuple tchétchène qui élit un Conseil provisoire jusqu'à la tenue d'élections démocratiques. Ce Conseil déclare prendre le pouvoir en Tchétchénie et démettre de ses fonctions Doudaev. L'opposition demande à Boris Eltsine d'arrêter le conflit sanglant en Tchétchénie et "de prendre des mesures visant à assurer l'ordre constitutionnel"
Juillet :
Le dissident Labazanov tentent de bloquer Grozny (toujours sous contrôle de Doudaev) alors que ses troupes contrôlent déjà les districts du sud de la Tchétchénie.
Doudaev prévoit des élections présidentielles le 2 octobre 1995 alors que l'opposant Avtourkhanov déclare que son conseil provisoire assure le pouvoir et prévoit des élections en juin 1995.
Août :
Doudaev, qui accuse les services spéciaux russes de soutenir une partie de l'opposition et de commettre des actions terroristes, annonce qu'il fera abattre tout avion russe pénétrant dans l'espace aérien tchétchène.
Doudaev décide de remettre en place un parlement en demandant d'adopter une nouvelle constitution pour le 30 septembre.
Septembre : 6 districts sur 13 sont aux mains de l'opposition.
Novembre : l'opposition se déclare proche de la victoire et veut éviter une intervention russe. Elle décide d'attaquer la capitale et après de violents affrontements se voit repousser par les hommes de Doudaev.
le 29 novembre, Eltsine annonce lors d'une réunion du Conseil de sécurité que l'armée russe entre en République tchétchène.
11 décembre 1994 : L'intervention russe
Les Forces armées de la Fédération de Russie interviennent pour "rétablir l'ordre constitutionnel" et lutter contre les "bandes armées illégales" tchétchènes. Le ministère de la défense de l'époque, Pavel Gratchev, prévoit une campagne éclair en effectuant des bombardements massifs sur la Tchétchénie. Un an après, la guerre aura fait des dizaines de milliers de morts et les pilonnages intensifs des chars de l'armée russe mettent en ruine la capitale Grozny.
15 décembre : Grozny est encerclé puis 300 chars russes entrent à Grozny. Quelques jours plus tard, on annonce que 100 chars ont été détruits. Malgré plusieurs demande de cessez-le-feu de la part d'Eltsine, les bombardements se poursuivent.
Les troupes fédérales se voient confrontées à une forte résistance des petites unités armées très mobiles et recensent de lourdes pertes. L'opération "éclair" prévue au début de la guerre se transforme en un véritable bourbier pour les troupes armées de la Fédération de Russie.
1995
janvier : l'OSCE est autorisée à visiter la Tchétchénie pour évaluer la situation des droits humains et les besoins humanitaires.
Assaut final sur le centre de Grozny. Chute du palais présidentiel.
mars : l'Union Européenne gèle l'accord de commerce avec la Russie.
juin : Prise d'otages spectaculaire organisée par le chef de guerre Chamil Bassaev à Boudionovsk.
1996
Doudaev est tué par un missile russe
Conscient de l'échec militaire, Eltsine est contraint d'envisager rapidement une solution politique au conflit afin de ne pas compromettre sa réélection à la présidence et l'examen d'entrée de la Russie au Conseil de l'Europe.
Pour cela, il accepte la mission de l'OSCE en Tchétchénie, qui prévoit notamment l'ouverture des négociations avec le nouveau chef des indépendantistes, A. Maskhadov, et à terme la signature d'un cessez-le-feu et d'un désengagement militaire.
Un accord de cessez-le-feu est signé. Le 25 juin, Eltsine signe même, entre les deux tours des élections, un décret qui prévoit un désengagement des troupes militaires russes.
Finalement, pratiquement au lendemain de sa réélection du 3 juillet, il relance les opérations militaires mais les combattants tchétchènes infligent une cuisante défaite aux troupes russes et reprennent Grozny.
Août : Eltsine demande au général Lebed d'entamer des négociations avec les indépendantistes. Le 31 août, il signe un accord avec Maskhadov mettant fin à la guerre mais la déclaration commune repousse au 31 décembre 2001 la prise de décision concernant le futur statut de la Tchétchénie. En fait, pour les russes, le report de toute décision signifie que la Tchétchénie reste pour cinq ans une république russe.
Cette première guerre a tué environ 70 000 civils tchétchènes et entre 3 000 et 10 000 soldats russes selon les chiffres donnés par le gouvernement russe ou par le comité des mères de soldats. 300 000 à 400 000 personnes ont été déplacées.
1997 - 1999 : entre les deux guerres
En janvier 1997, les dernières troupes quittent la Tchétchénie et Aslan Maskhadov est élu démocratiquement à la tête de l'Etat avec 59,3 % des suffrages lors d'élections reconnues par l'OSCE.
Un oléoduc reliant la mer Caspienne à la mer Noire via la Tchétchénie est remis en service en septembre 1997.
Durant ces deux années, on assiste à un développement des mouvements fondamentalistes musulmans et notamment le mouvement "wahhabite", partisan d'une interprétation fondamentaliste de l'islam, caractérisé par une prétention à représenter les vrais valeurs de la religion musulmane et de fait qui tend à mépriser les traditions tchétchènes. Les populations, qui dans un premier temps rejettent les idées du mouvement wahhabite, ne pourront véritablement empêcher ce mouvement (aux ressources financières importantes) de se maintenir et se consolider un peu plus, notamment suite aux retraits des ONG qui subissent des attaques meurtrières et des prises d'otages à répétition.
Le processus de paix reste fragile. Le gouvernement ne contrôle plus l'important accroissement de la criminalité et proclame même que la charia aura force de lois en Tchétchénie. Cela se caractérise par la mise en place de tribunaux islamiques et d’exécutions punitives en public.
1999 : début de la deuxième guerre de Tchétchénie
Durant l'été 1999, un conflit opposant des rebelles islamistes du Daghestan au forces russes s'étend à la Tchétchénie et des bombardements reprennent le 5 septembre. Poutine, président par intérim, ordonne ses troupes d'envahir le pays, justifiant cette "opération anti-terroriste ", par les attentats commis en Russie en septembre.
octobre : les forces armées russes pénètrent au nord de la Tchétchénie.
Le 21, un missile russe explose au-dessus d'un marché, d'une école et d'une mosquée. 150 morts. L'ordre de tirer ce type de missile tactique aurait été donné par les plus hautes instances du pouvoir.
De nombreux réfugiés sont bloqués aux postes frontières entre la Tchétchénie et le Daghestan. Beaucoup meurent de froid. Le 29, une colonne de réfugiés est bombardée.
décembre : Grozny est encerclé et l'armée russe se contente de bombarder massivement la capitale sans pénétrer dans la ville, de peur de rencontrer une forte résistance de la part des combattants tchétchènes et de subir de lourdes pertes dans les combats de rue.
Le 6 décembre, l'armée russe ordonne aux civils de quitter Grozny par le biais du "corridor humanitaire" sous peine d'être considéré comme des terroristes. En fait, aucune route sécurisée ne permet de sortir de la ville et les bombardements se poursuivent.
Tous les garçons de plus de 10 ans ne sont plus considérés comme des réfugiés mais comme des combattants tchétchènes.
janvier - février 2000 : des combattants tchétchènes parviennent à percer une partie de l'encerclement russe. Cela donne lieu à de violents combats qui font de nombreux morts dans les deux camps.
La majorité de l'opinion publique russe est favorable à la poursuite des opérations militaires en Tchétchénie. Poutine continue d'utiliser l'intervention militaire comme argument électoral contribuant à son accession en mars 2000.
La plupart des détachements rebelles qui tenaient Grozny ont abandonné la ville. 250 000 tchétchènes ont déjà fui vers les républiques voisines. De nombreux combattants tchétchènes se réfugient dans les montagnes pour résister aux attaques russes. Les forces armées russes reprennent la capitale.
En 2001, les russes s'efforcent de démontrer que la situation en Tchétchénie se "normalise". En fait, les combats se poursuivent et Poutine a trouvé un argument de plus pour poursuivre les attaques sur la Tchétchénie puisqu'il met dorénavant systématiquement en parallèle les attentats du 11 septembre avec ceux de Moscou (jamais élucidés) survenus en septembre 1999, date à laquelle Poutine décidait de relancer la guerre en Tchétchénie afin de lutter contre ceux qu'il accusait d'être les responsables..
Ce second conflit finit d'achever la Tchétchénie, pays en ruine. L'’'opération anti-terroristes" jugée "affaire intérieure" par les russes se révèlent être un véritable "nettoyage" qui mène la Tchétchénie à son anéantissement le plus complet. De nombreuses ONG continuent aujourd’hui de dénoncer les exactions commises par les russes en matière des droits de l'homme.
On dénombre officiellement 3 500 morts depuis septembre 1999. Les comités de mères de soldats en dénombrent trois fois plus...
2001
10 janvier: Enlèvement d'un médecin américain de MSF en Tchétchénie. Il sera libéré quelques jours plus tard.
22 janvier: Le président Poutine signe un décret retirant la responsabilité de "l'opération anti-terroriste en Tchétchénie" à l'armée et la confiant aux troupes du ministère de l'Intérieur. Les trois quarts des 80 000 soldats engagés devraient être retirés dans les mois à venir.
26 janvier: L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe rétablit la Russie dans ses droits.
15 février: Annonce du début du retrait des forces militaires russes de Tchétchénie, démenti par les séparatistes.
23 février: Nombreux meetings et manifestations en Russie et dans les pays de l'UE pour commémorer la déportation des Tchétchènes par Staline le 23 février 1944 et appeler à la négociation.
24 février: Découverte d'un charnier contenant une cinquantaine de corps de personnes exécutées sommairement à Grozny, non loin d'un camp de "filtration". Des civils tchétchènes arrêtés par l'armée russe seront identifiés par leurs familles. Le Parquet russe accuse les combattants tchétchènes d'être les auteurs des assassinats.
23 mars: le président Vladimir Poutine a été reçu par les Quinze au sommet de Stockholm. S'il est s'est montré désireux de se rapprocher de l'Union européenne, notamment sur le plan commercial, il n'a rien concédé sur la Tchétchénie. Et il n'a pas hésité à faire le parallèle entre le "terrorisme" tchétchène et la rébellion albanaise en Macédoine.
24 mars: Des attentats terroristes dans la région de Stavropol (Nord-Caucase) font 24 morts et 143 blessés. Ils sont aussitôt attribués par les autorités russes aux séparatistes tchétchènes.
26 mars: Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement séparatiste tchétchène, Ilias Akhmadov, est reçu au Département d'Etat à Washington. Moscou proteste vigoureusement.
5 avril: la commission des droits de l'homme de l'ONU a abordé la question de la Tchétchénie. La Russie s'efforce d'empêcher le vote d'une nouvelle résolution la condamnant pour violation des droits de l'homme.
Le ministre de la santé tchétchène , Oumar Khanbiev a été réduit au silence par les protestations de la délégation russe.
18 avril: Le gouvernement tchétchène pro-russe s'installe à Grozny.
20 avril: La Commission des droits de l'homme de l'ONU condamne la Russie pour la 2e année consécutive, pour les brutalités de ses forces de sécurité.
5 mai: En raison de la situation sur le terrain, les autorités militaires russes décident de suspendre la réduction des troupes russes présentes en Tchétchénie.
17 mai: au Sommet entre l'Union européenne et la Russie, les Quinze évoquent l'aide humanitaire et les crimes impunis des militaires russes. Bien que Russes et Européens entretiennent de bonnes relations économiques, la poursuite de la guerre en Tchétchénie embarrasse les rapports entre Moscou et Bruxelles. Une fois de plus, Vladimir Poutine a prôné une solution politique. Le premier ministre suédois, Göran Persson, a espéré que cet engagement serait suivi d'"actes".
31 mai: Un hélicoptère militaire transportant des députés de la Douma est atteint au-dessus de l’Ingouchie par des tirs des séparatistes.
2 juin: Le président Maskhadov rejette un rapport de l’ONG Human Rights Watch dénonçant des atrocités commises par les séparatistes.
15 juin: Dix-neuf soldats russes soupçonnés d’assassinats de civils tchétchènes sont arrêtés par la police russe.
24 juin: un chef de guerre tchétchène, Arbi Baraïev est tué par l’armée russe lors d'une opération de ratissage de plusieurs jours dans le village d'Alkhan-Kala, qui a fait au moins des dizaines de morts civils, selon des témoins.
4 juillet: Jacques Chirac, en visite officielle en Russie, appelle Vladimir Poutine à trouver une solution politique au conflit tchétchène.
9 juillet: Pour la première fois, le chef de l’administration tchétchène pro-russe Akhmad Kadyrov dénonce les " crimes à grande échelle " commis par les militaires russes. Le président Poutine reconnaît des " abus ".
20 juillet: Aslan Maskhadov lance un " appel désespéré " aux dirigeants du G7 réunis à Gênes.
15-20 août: Rencontre secrète de membres du gouvernement séparatiste tchétchène et de parlementaires russes dans la région de Montreux, en Suisse.
4 septembre: Deux actions symboliques des séparatistes à Grozny : ils minent le bâtiment de la radio-télévision et bombardent celui de l’antenne locale du ministère de l’Intérieur.
17 septembre: Les forces du président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov reprennent la deuxième ville de Tchétchénie, Goudermès, mais ils en sont chassés par les troupes russes au bout de vingt-quatre heures.
24 septembre: Aslan Maskhadov annonce qu’il rompt tous contacts avec le Conseil de l’Europe en raison de " la politique négative " de cette organisation.
24 septembre: Déclaration du président Poutine invitant les séparatistes tchétchènes à déposer les armes dans un délai de soixante-douze heures dans le cadre de " la lutte contre le terrorisme international "
25 septembre: Aslan Maskhadov perçoit cet appel comme une offre de négociations et missionne son adjoint Akhmad Zagaïev pour rencontrer Viktor Kazantsev, responsable du District fédéral du Sud.
25 septembre: Le chef de l’administration tchétchène pro-russe Akhmad Kadyrov commence une tournée au Proche-Orient. Il se rend en particulier en Irak.
18 novembre: Pour la première fois depuis le début du deuxième conflit, un représentant du gouvernement séparatiste tchétchène, Akhmed Zakaïev, a rencontré un représentant du pouvoir russe, Viktor Kazantsev, l'envoyé spécial du Président russe dans le District fédéral Sud. L'entretien a eu lieu à l'aéroport de Moscou-Chérémétiévo et a duré deux heures. Selon la partie russe, le dialogue sera maintenu, mais aucune date n'a été pour le moment fixée. La partie tchétchène a exprimé son optimisme concernant la possibilité d'un accord.
2002
10 janvier: L'état-major russe affirme avoir remporté la victoire en Tchétchénie.
25 avril: les services secrets russes (FSB) ont annoncé qu'un commandant des forces tchétchènes, l'islamiste radical d'origine jordanienne, Omar Ibn al-Khattab avait été tué.
24 juin: Vladimir Poutine a, pour la première fois, adouci ses propos sur la guerre en Tchétchénie lors d'une conférence de presse tenue au Kremlin. Ambigu, le chef du Kremlin n'a toutefois parlé ni du retrait des troupes ni de pourparlers avec le président tchétchène, Aslan Maskhadov.
18 juillet: le nouveau représentant du président russe pour les droits de l'homme en Tchétchénie, Abdoul-Khakim Soultygov, a qualifié d'"inadmissible", la situation des droits de l'homme dans la république indépendantiste.
19 et 20 juillet: Jacques Chirac et Vladimir Poutine se sont rencontrés à Sotchi, station balnéaire sur les bords de la mer noire. Ce rapide sommet a été l'occasion de mettre en scène le "réchauffement des relations" entre les deux pays. M. Chirac, qui en 1999 et 2000, avait vivement critiqué la guerre menée par Moscou en Tchétchénie, s'est cette fois, dans des termes inhabituels, rallié aux positions russes. M. Chirac a justifié les opérations militaires dans le cadre d'une lutte globale contre le terrorisme.
Tandis que sur le terrain, les organisations humanitaires de défense des droits de l'homme continuent à dénoncer la poursuite des exactions de l'armée russe, le président français souligne son souhait de voir "l'Union européenne et la Russie marcher main dans la main".
22 juillet: Appel de l'administration américaine et du Conseil de l'Europe au gouvernement russe pour mettre fin à la guerre.
24 septembre: Troisième anniversaire des premières attaques des forces russes contre la république indépendantiste marquant le début du deuxième conflit.
23-26 octobre: Un commando d'une cinquantaine de tchétchènes a investi une salle de spectacles de Moscou et a pris au moins 700 personnes en otages. Le commando réclame la fin des hostilités et le retrait des troupes russes de Tchétchénie. Dans la nuit du 25 au 26 octobre, les forces spéciales russes donnent l'assaut, utilisant un gaz paralysant. Tous les membres du commando sont tués, ainsi que de très nombreux otages. Une vive polémique s'engage aussitôt concernant les méthodes employées, le manque d'information des familles et des médecins chargés de traiter les ex-otages.
28 et 29 octobre: une centaine de tchétchènes -venant de Russie, de la CEI, d'Europe ou des Etats-Unis- se sont lancés dans le pari en créant un "Congrès mondial tchétchène" avec l'aide d'un Comité de soutien danois. Ils ont appelés à des négociations avec le président indépendantiste Aslan Maskhadov.
30 octobre: Arrestation à Copenhague, à la demande de la Russie, de l'émissaire du président indépendantiste tchétchène, Akhmed Zagaïev, qui participait dans la capitale danoise à un forum sur la Tchétchénie.
31 octobre: Un mandat d'arrêt international est lancé par la Russie à l'encontre du président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov qui, bien qu'ayant condamné la prise d'otages, avait déclaré quelques jours auparavant sa solidarité avec tous les combattants tchétchènes.
11 novembre: sommet entre l'Union européenne et la Russie où un accord a été trouvé sur Kaliningrad, qui empoisonnait depuis longtemps la coopération bilatérale. La situation des droits de l'homme en Tchétchénie n'a nullement constitué une pomme de discorde risquant de remettre en cause ce "partenariat stratégique" qui procure des avantages mutuels aux Russes et aux Européens.
Au terme de ce sommet, Vladimir Poutine ne cachait pas sa satisfaction. Son objectif de banaliser le conflit en Tchétchénie dans le cadre de la lutte internationale contre le terrorisme, a été atteint.
3 décembre: Le représentant du président Aslan Maskhadov, Akhmed Zagaïev, est relâché par les autorités danoises faute de preuve, en dépit des efforts du gouvernement russe qui exigeait son extradition.
16 décembre: le colonel Iouri Boudanov, jugé pour le meurtre d'une adolescente tchétchène en mars 2000, a été jugé "irresponsable" lors d'une quatrième expertise psychiatrique, dont les résultats ont été lus à huis-clos. Selon le rapport des psychiatres, l'officier "ne se rendait pas compte" de ce qu'il faisait lorsqu'il a étranglé Elsa Koungaïeva. Plutôt que de le mettre en prison (il était passible de 12 ans de détention), le juge a décidé d'envoyer le colonel Boudanov en traitement dans un hôpital psychiatrique.
Cette décision intervient au terme de près de deux années d'un procès que le pouvoir de Vladimir Poutine avait, à l'origine, voulu présenter comme l'illustration de sa volonté de combattre les dérives de l'armée en Tchétchénie, avant de changer de tactique et de s'employer à lentement étouffer l'affaire.
27 décembre: Attentat sanglant à Grozny : des kamikazes se font sauter avec une voiture bourrée d'explosifs au pied du siège du gouvernement pro-russe de Tchétchénie. Le bilan des victimes ne cesse de s'alourdir et est officiellement chiffré au 2 janvier 2003 à 80 morts et 152 blessés. Le président indépendantiste Aslan Maskhadov condamne l'attentat tout en déclarant qu'il démontrait l'échec de la politique du gouvernement russe en Tchétchénie.
31 décembre: Le gouvernement russe décide de ne pas renouveler le mandat de la mission de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) en Tchéchénie. En fait, cette dernière s'est avérée totalement impuissante et le gouvernement séparatiste se félicite qu'il ait été mis fin à "cette fiction".
2003
Deuxième semaine de février : Le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe Alvaro Gil-Roblès a effectué une visite en Tchétchénie et en Ingouchie, république où sont réfugiés environ 150 000 Tchétchènes. Il a donné son aval au référendum constitutionnel très controversé organisé par les autorités russes le 23 février, obtenant du président pro-russe Akhman Kadyrov que, contrairement à ce qui était prévu, les réfugiés tchétchènes d'Ingouchie puissent y participer. Il a par ailleurs appelé les séparatistes à cesser les combats et les autorités russes à lutter de façon plus efficace contre les exactions de l'armée. Selon les chiffres officiels, le nombre des soldats russes tués en Tchétchénie en 2002 s'est élevé à "plus de 4 700".
3 mars: Le chef d'état-major de l'armée russe, le général Kvachnine, annonce qu'à dater du 5 mars, une partie du contingent russe stationné en Tchétchénie quitterait la république "en raison de la stabilisation de la situation". Le 23 janvier 2001, un décret présidentiel avait déjà annoncé une mesure similaire, et les premiers départs avaient effectivement eu lieu le 13 mars ; mais ces mesures avaient été suspendues après la prise d'otages du 23 octobre 2002 à Moscou.
23 mars: En l'absence d'observateurs internationaux, un référendum portant sur le texte de la nouvelle constitution, la loi sur l'élection présidentielle et celle sur les élections législatives, s'est tenu ce dimanche en Tchétchénie. La participation aurait été de plus de 80 %, et le "oui" l'aurait emporté respectivement par 96 %, 95 % et 96 %, selon les résultats préliminaires annoncés le lundi 24 mars. Le président séparatiste Aslan Maskhadov les a aussitôt contestés.
11 avril: Le Monde a publié un article à propos d'un rapport des autorités tchétchènes pro-russes transmis "au plus haut niveau de l'Etat" (c'est-à-dire à Vladimir Poutine). Ce document non publié, dont un exemplaire est parvenu à la journaliste, fait état entre autres de 100 exécutions de civils par mois tout au long de l'année 2002, de près de 3 000 cadavres retrouvés dans des charniers, d'enlèvements et de tortures. Le 17 avril, le Premier ministre de Tchétchénie Anatoli Popov a déclaré qu'il ne s'agissait pas d'un "rapport secret" mais des résultats des enquêtes menées par le Procureur de Tchétchénie Viktor Kravtchenko. D'après lui, ce texte fait en réalité mention de 300 enlèvements de civils dans lesquels seraient impliqués des soldats russes dont certains purgent déjà leur peine.
17 avril: Le président de la Douma Guennadi Seleznev annonce dans une allocution à la télévision tchétchène que les autorités russes ont décrété une amnistie en Tchétchénie, concernant les "rebelles n'ayant pas commis de meurtres, d'enlèvements ou d'autres crimes graves". Ce n'est pas la première fois que le gouvernement russe prend une telle décision et ces déclarations ont en général été suivies de peu d'effets
sources :
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