Conférence de presse du général de Gaulle

27 novembre 1967

La seizième conférence de presse du général te Gaulle depuis son entrée à l’Elysée, en janvier 1959i lui a fourni l’occasion lundi, quelques jours après son soixante-dix-septième anniversaire, d’une performance remarquable. Ce ne fut pas seulement la plus longue—une heure trente-cinq, un quart d’heure de plus que d’habitude— mais l’une des plus détendues et vivantes—à l’exception de son prologue économique — et surtout pour la forme, l’une des plus brillantes.

Dès l’énoncé des quinze questions successivement posées au chef de l’Etat des mimiques et des boutades viennent alléger l’atmosphère. Un journaliste lui ayant demandé si un mot qu’on lui prête — " l’Angleterre, je la veux nue "— était authentique, le général réplique aussitôt : " La nudité, pour une belle créature, c’est assez naturel et pour ceux qui l’entourent, c’est assez satisfaisant. Mais, quel que soit l’attrait que j’éprouve pour l’Angleterre), je n’ai jamais dit cela à son sujet. Cela fait partie des propos que l’on prête. On en fait même , paraît-il, des livres qui ne répondent que de loin à ma pensée et à mes propos. " La formule vise, semble–t-il, l’ouvrage de J.-R Tournoux, " la tragédie du Général ", dont l’auteur maintient absolument l’authenticité du mot sur l’Angleterre. Comme on lui demande peu après s’il a lu l’ouvrage de Jacques Servan-Shreiber, " le Défi américain " et ce qu’il en pense, le président de la République répond simplement : " Ici, on ne fait pas de publicité littéraire. "

Sur le plan matériel, on a noté quelques menus changements dans l’organisation de cette cérémonie rituelle du régime. Pour la télévision en couleur, qui fait son entrée à l’Elysée, les rideaux, le tapis de la table, avaient été changés afin de présenter des contrastes agréables.

La guerre a éclaté au Moyen-Orient, il y a six mois. Elle s’est aussitôt terminée comme on sait. Que pensez-vous de l’évolution de la situation dans ce secteur depuis le mois de juin dernier ?

L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine et puis, après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël, soulevaient à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander en effet, et on se demandait même chez beaucoup de juifs si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des "conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, mais- qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est à dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles.

Cependant, en dépit du flot tantôt montant, tantôt descendant des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays et à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était accumulé en leur faveur surtout, il faut bien le dire dans la chrétienté ; un capital qui était issu de l’immense souvenir du Testament, nourri par toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique malheur et que poétisait, chez nous, la légende du Juif errant accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subies pendant la deuxième guerre mondiale. et grossi, depuis qu’ils avaient retrouvé une patrie, par 1eurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats.

C’est pourquoi, indépendamment des vastes concours en argent, en influence en propagande, que les Israéliens recevaient des milieux juifs d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’il parvienne, en usant d’un peu de modestie, a trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique.

Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956 ; à la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet un Etat d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir. Ensuite, l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté, pour l’agrandir, à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi, d’ailleurs, la Vème république s’était dégagée vis-à-vis d’Israël des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet Etat et s’était appliqué, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient.

Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux, et même nous lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter, mais, en même temps. nous lui prodiguions des avis de modération notamment à propos des litiges qui concernaient les eaux du Jourdain ou bien des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux camps. Enfin nous nous refusions à donner officiellement notre aval à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv.

D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié, de coopération, qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde, et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être, aujourd’hui, une des bases fondamentales de notre action extérieure.

Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux Arabes que, pour nous, l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte qu’on pouvait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement à ce qu’une paix réelle fût conclue et garantie en Orient, pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint le déchirer.

Hélas ! le drame est venu. Il avait été préparé par une tension très grande et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Akaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ceux qui rêvait d’en découdre.

Pour éviter les hostilités. la France avait. dés le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances d’interdire, conjointement avec elles, à chacune des deux parties d’entamer le combat.

L’entretien du 24 mai

Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier l’action des armes, et c’est ce que j’avais répété, en toute clarté, à tous les Etats en cause ; c’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai, déclaré à M. Eban, ministre des affaires étrangères d’Israël, que je voyais à Paris.

Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les Arabes, je ne doute pas que, le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires, mais, ensuite, vous vous trouveriez engages sur le terrain, et, au point de vue international, dans des difficultés grandissantes, d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable" et d‘avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays, si bien que c’est à vous devenus des conquérants, qu’on en imputerait peu à peu les inconvénients.

On sait que la voix de la France n’a pas été entendue. Israël, ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combats, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répressions, expulsions et il s’y manifeste contre lui une résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme. n est vrai que les deux belligérants observent, pour le moment, d’une manière plus ou moins précaire et irrégulière, le cessez-le-feu prescrit par les Nations unies, mais il est bien évident que le conflit n’est que suspendu et qu’il ne peut pas avoir de solution, sauf par la v o i e internationale. Mais un règlement dans cette voie, à moins que les Nations unies ne déchirent elles-mêmes leur propre charte, un règlement doit avoir pour base l’évacuation des territoires qui ont été pris par la force, la fin de toute belligérance et la reconnaissance réciproque de chacun des Etats en cause par tous les autres. Après quoi par des décisions des Nations unies, en présence et sous la garantie de leurs forces, il serait probablement possible d’arrêter le tracé précis des frontières, les conditions de la vie et de la sécurité des deux côtés, le sort des réfugiés et des minorités, et les modalités de la libre navigation poux tous, notamment dans le golfe d’Akaba et dans le canal de Suez

Suivant la France, dans cette hypothèse, Jérusalem devrait recevoir un statut international

Pour qu’un règlement puisse être mis en œuvre, il faudrait qu’il y est l’accord des grandes puissances q u i entraînerait ipso facto celui des Nations unies et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposé à prêter sur place son concourt politique, économique et militaire pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître, non point fictivement sur quelque formule creuse, mais effectivement pour lune action commune, tant que l’un des plus grands des Quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les Arabes ne serait pas devenu ce qu’il est, et si demain l’Asie du Sud-est voyait renaître la paix, le Moyen-Orient l’aura bientôt recouvrée à la faveur de la détente générale qui suivrait un pareil événement.

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