Campagne pour un moratoire sur le Laser Mégajoule

Depuis juillet 1999, Stop Essais et les Verts, avec le soutien de 18 autres organisations ont lancé une campagne pour demander un moratoire du financement du Laser Mégajoule, principal installation destinée à remplacer les essais nucléaires en réel et à mettre au point la future génération des armes nucléaires de la France.
La campagne consiste à écrire au Président de la République, au Premier ministre et à son député pour leur demander de tout faire pour que ce moratoire se mette en application dans le cadre du budget de la défense pour l’année 2000.

 

Pour en savoir plus :

Documents de campagne

- Dépliants et cartes postales détachables :

  • 1 exemplaire : 5 F port compris ;
  • à partir de 10 exemplaires : 4 F l’exemplaire port compris


- Brochure argumentaire (96 pages) :

"Délégitimer l’arme nucléaire ":


 

 

 

 

Stoppons le Mégajoule avant l'an 2000 !
 

Si les mouvements français prônant l'élimination des armes nucléaires veulent arrêter le financement du Mégajoule, 100 fois plus puissant que le plus puissant laser en service à ce jour,
une grande vigilance s'impose au moment du vote du budget militaire en 1999. Le presse de la région aquitaine précise en effet que : "le CEA est en train de lancer les consultations pour
la fourniture des équipements techniques et du laser. Au total, il y a plus de 4 milliards en jeu" (1).

Actuellement, la perspective d'un moratoire sur le financement de cette installation "pharaonique" semble pouvoir être admise plus facilement que l'annulation pure et simple du
programme de simulation, du moins dans la gauche plurielle. Le moratoire est donc une mesure conservatoire indispensable à une remise en cause ultérieure du programme d'essais en
laboratoire (PALEN).
La construction du laser Mégajoule en Gironde vise à assurer la pérennité des armes nucléaires françaises. Ce programme très coûteux devrait aboutir vers 2010 à la construction de 240
faisceaux laser convergeant sur une minuscule bille de deutérium-tritium qui permettra d'amorcer une micro-fusion thermonucléaire. La Ligne d'Intégration Laser (LIL) en cours
d'achèvement au Barp, près de Bordeaux va expérimenter le fonctionnement de 8 faisceaux laser. Cette première réalisation constitue en quelque sorte la maquette réelle au 1/30e du
Mégajoule, elle servira à l'étude de faisabilité du laser géant.
La remise en cause du Mégajoule se heurtera inévitablement au poids des lobbies nucléaires et militaires mais elle est cruciale pour stopper la course qualitative aux armements nucléaires.
Certains scientifiques et universitaires regroupés autour de Bruno Barrillot, Dominique Belougne, Jean-Pierre Kahanne et Daniel Schertzer (2) proposent le transfert de cet instrument de
recherche des militaires vers des civils. Certes, "de grands programmes de recherche socialement utiles" sont possibles avec le Mégajoule mais difficilement justifiables compte tenu du
budget faramineux mobilisé (entre 6 à 25 milliards de F) et des risques de réversibilité qui sont liés au changement éventuel de majorité.
C'est pourquoi, le collectif Stop Essais pour l'abolition des armes nucléaires propose, dans une première étape, un moratoire du financement du laser Mégajoule pendant l'achèvement de
la LIL, c'est-à-dire jusqu'en 2001. Tout engagement budgétaire ultérieur doit être conditionné au bilan de faisabilité de cette phase initiale. Il serait en effet paradoxal d'engager des
dépenses considérables pour une décennie sans avoir vérifié au préalable que le prototype est capable d'atteindre les performances annoncées.
A terme, l'objectif de Stop Essais et de ses partenaires est de permettre le développement d'un mouvement d'opinion en France, relayé au plan international voire au sein de l'Union
Européenne qui pourrait stopper le projet français et éventuellement de son homologue américain, le NIF (3).
La première bataille à livrer concerne les parlementaires qui devront voter le financement du Mégajoule à l'automne 1999. Si le moratoire l'emporte, les forces œuvrant pour la paix et le
désarmement, représentées dans le Réseau mondial Abolition 2000 conserveront toutes les chances d'interrompre cette nouvelle course aux armements, si elles viennent à manquer de
cohésion et de pugnacité, alors la perspective d'empêcher l'achèvement du laser Mégajoule, pierre angulaire du programme PALEN en France, sera définitivement compromise. Personne
ne devrait se dérober à cette échéance.


Dominique Lalanne
Stop Essais !
 

(1) Sud-Ouest, 11 juillet 98
(2) Damoclès n° 74 & 75, 4ème trimestre 1997

(3) National Ignition Facility

 

La position du SGEN - CFDT et SGEN-CFDT CNRS sur le Laser Mégajoule

Motion votée au congrès du SGEN des 19-20-21 mai 1999

-Considérant que la France est engagée dans un programme de simulation des essais nucléaires,
-Considérant que l'outil de cette simulation est le laser Mégajoule, en cours de construction à Le Barp, en Gironde
-Considérant que ce laser a pour but :
-de réaliser des explosions thermonucléaires d'une puissance équivalente à 5 kg de TNT,
-de rechercher les meilleures conditions permettant l'ignition d'un mélange deutérium-tritium et de contrôler la fusion thermonucléaire,
-de perfectionner ainsi les armes actuelles par leur miniaturisation, le réglage des puissances d'explosion pour s'adapter à tout type d'objectif,
-Considérant que la France a signé le traité d'interdiction totale des essais nucléaires,
-Considérant que les puissances nucléaires doivent s'engager dans la voie du désarmement nucléaire,
-Considérant que le programme de simulation des essais nucléaires et la construction du Mégajoule :
-violent les termes et l'esprit de ce traité qui interdit toute expérimentation et qui prévoit que les puissances nucléaires doivent s'engager dans la voie du désarmement nucléaire,
-vont relancer la course aux armements et aggravent le danger d'escalade nucléaire,
-coûteront probablement plus de 15 milliards de francs dont 8 milliards de francs pour le Mégajoule,
-Considérant que le laser Mégajoule s'inscrit dans une voie de recherches sur la fusion contrôlée mais que le gigantisme de ce type d'installation ne pourrait se transposer à des
installations industrielles et que dans cette voie de recherche il faudrait - en préalable -:
-une gestion entièrement sous contrôle civil et non militaire,
-un protocole international d'inspection et un traité vérifiant que les recherches effectuées ne violent pas les accords internationaux et en particulier le CTBT,
-vérifier que ce type de recherches ne pourrait pas être menée par des lasers de type "pico-allumeur " qui sont des installations beaucoup plus légères et par là même transposables
éventuellement à des installations civiles,
-faire le bilan du fonctionnement de la Ligne d'Intégration Laser (LIL) qui est le laser devant être répliqué à 30 exemplaires pour constituer le Mégajoule, bilan qui ne pourra être fait
qu'après le démarrage de la LIL prévu en 2001,
-Considérant que Lionel Jospin a déclaré, le 21 Mai 1997, dans la lettre au collectif Abolition 2000 "il n'est pas utile de lancer un programme de simulation des essais qui serait coûteux,
inutile et susceptible de relancer la course aux armements ",
 

Texte de la motion votée (33 pour, 9 abstentions, 0 contre):

-les membres du SGEN-CFDT-CNRS réunis en congrès à NOUAN le FUZELIER les 19, 20 et 21 mai 1999 demandent au gouvernement de ne pas inscrire au budget 2000 (proposé à la
session d'automne du parlement) la construction du laser Mégajoule. Ce moratoire sur le financement de ce projet permettra :
-d'engager un débat sur l'utilité du Mégajoule à des fins civiles,
-de faire le bilan du fonctionnement de la Ligne d'Intégration Laser (LIL) afin d'en tirer les conséquences pour la suite éventuelle du programme.


Pourquoi le Mégajoule viole-t-il le TNP et le CTBT ?

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Caractéristiques du Mégajoule.

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Le laser Mégajoule en projet va consister en 240 faisceaux lasers (regroupés en 30 "lignes") qui doivent envoyer simultanément leurs faisceaux en moins de 10 milliardièmes de seconde (10 nanosecondes) sur un microballon de 1 mm de diamètre contenant 0,2 milligrammes de deutérium et de tritium (2 isotopes de l'hydrogène). L'énergie totale ainsi focalisée correspondra à presque 2 mégajoules (2 millions de joules). L'allumage des réactions de fusion peut alors avoir lieu. Lorsqu'un noyau de deutérium fusionne avec un noyau de tritium et donne un noyau d'hélium et un neutron. Il est prévu que l'énergie de fusion dégagée corresponde à 20 mégajoules soit un gain de 10 entre l'énergie déposée et l'énergie recueillie. L'énergie dégagée de 20 mégajoules est équivalente à l'explosion de 5 kilogrammes de TNT (trinitrotoluène). Les neutrons emportent 80% de cette énergie et chaque tir pourra comporter jusqu'à 1019 neutrons. (NB. la notation 1019  correspond à 1 suivi de 19 zéros).

La LIL (Ligne d'Intégration Laser) actuellement en construction à Le Barp près de Bordeaux est l'une des 30 lignes de 8 lasers du Mégajoule. Elle devrait fonctionner en 2002 et permettre ainsi de vérifier la faisabilité du Mégajoule.

Le Mégajoule est en réalité une copie presque conforme du laser américain, le NIF (National Ignition Facility) construit en Californie. Le NIF doit démarrer en 2004 mais de récentes difficultés laissent entrevoir de possibles retards.
 
 

Les traités signés par la France, le TNP et le CTBT.

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L'article VI du Traité de Non Prolifération (TNP) précise:

"Chacune des Parties du Traité s'engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armes nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace." Ce Traité a été ratifié par la France en 1992.

La Cour Internationale de Justice a précisé en 1996 ce qu'il convient d'entendre dans le Traité TNP:

"Il existe une obligation de poursuite en bonne foi et d'amener à une conclusion les négociations aboutissant au désarmement nucléaire dans tous ses aspects sous contrôle international strict et effectif".

Le CTBT déclare dans l'article I :

"1- Chaque Etat partie s'engage à ne pas effectuer d'explosion expérimentale d'arme nucléaire ou d'autre explosion nucléaire, et à empêcher toute explosion de cette nature en tout lieu placé sous sa juridiction ou son contrôle.

2- Chaque Etat partie s'engage en outre à s'abstenir de provoquer ou d'encourager l'exécution-ou de participer de quelque manière que ce soit, à toute explosion expérimentale d'arme nucléaire ou de toute autre explosion nucléaire".

Ce Traité a été ratifié par la France en 1998.
 
 

En quoi le Mégajoule viole-t-il le TNP ?

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Les arguments évoqués pour la construction du Mégajoule ont évolué dans le temps. Au début des années 90 le Mégajoule a été présenté comme un laboratoire nécessaire aux équipes de recherches impliquées dans les essais nucléaires devant la nécessité de se reconvertir après la fin des campagnes de tir à Moruroa. Vers 1995, l'objectif du Mégajoule est devenu plus technique, il s'agissait d'assurer, pour les armes existantes, la fiabilité (l'explosion devra être conforme en cas d'utilisation) et la sûreté (l'explosion ne devra pas se produire pendant le stockage).Ces buts pourraient être résumés par l'expression de Jacques Isnard (Le Monde, 8 octobre 1999): "renouveler à grand prix les explosifs existants, quand ils devront être remplacés au bout d'une vingtaine d'années". Cet argument est manifestement en contradiction avec l'esprit du TNP puisqu'il signifie que l'armement nucléaire français est pérennisé au moins pour une période de 20 à 30 ans après 2010, date prévue pour la mise en service du Mégajoule.

Un des arguments utilisés pour justifier le Mégajoule est le suivi du vieillissement des armes nucléaires. En réalité une arme proprement dite est un ensemble complexe de mécanique et d'électronique pour former un étage d'explosif classique chimique qui comprime la bombe à fission afin d'avoir une bonne explosion de l'étage à uranium (ou plutonium) qui lui-même va servir d'allumette à la bombe à fusion de deuterium-tritium. Une étude américaine faisant le bilan des pannes liées à des problèmes de vieillissement montre que les pannes proviennent dans la quasi totalité des cas de ces systèmes complexes mécaniques et électroniques. Tout ces ensembles complexes ne peuvent être étudié par le Mégajoule. De plus, l'énergie dégagée dans une bombe correspond à des dizaines de milliers de tonnes d'équivalent TNT alors que les explosions sur le Mégajoule dégageront une énergie de (seulement) 5 kg de TNT. Quel spécialiste des armes ne se poserait pas de questions pour un tel facteur d'échelle de un million?

Aux Etats-Unis, les documents qui justifient la construction du NIF ont le mérite de la clarté†: le but est la mise au point de nouvelles têtes nucléaires.

Très récemment le but réel du Mégajoule a été publiquement annoncé à la presse (Sud-Ouest, 14 septembre 1999) lors de l'intervention de René Pellat, haut commissaire à l'énergie atomique: "il s'agit de l'étude de l'allumage de la réaction de fusion". Ce sujet de recherche est beaucoup plus passionnant pour les militaires car il ouvre la possibilité de mettre au point de nouvelles armes nucléaires, dites à fusion pure, présentant une réelle percée pour une utilisation sur le champ de bataille.
 
 

Pourquoi le Mégajoule relance-t-il la course aux armements ?

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Dans la panoplie actuelle des militaires on trouve toutes les tailles de bombes à explosif chimique jusqu'à des énergies équivalentes à quelques tonnes de TNT. Quant aux plus petites bombes nucléaires, elles sont beaucoup plus puissantes et font au moins 10 000 tonnes de TNT (bombes à uranium ou plutonium). Les bombes plus puissantes sont des bombes à hydrogène (deutérium, tritium) "allumées" par des bombes à uranium ou plutonium et correspondent à une énergie dégagée de l'ordre de 10 millions de tonnes de TNT. La bombe la plus puissante qui a été expérimentée par l'URSS a été équivalente à 58 millions de tonnes de TNT.
 
 

On voit qu'il n'existe pas actuellement de bombe entre 1 tonne et 10 000 tonnes de TNT. Cette gamme d'énergie pourrait être couverte par des armes à fusion pure (sans allumage par une bombe à uranium ou plutonium, mais avec un allumage laser par exemple). Une telle bombe aurait des propriété intéressantes pour les militaires:

-elle serait utilisable sur un champ de bataille car la puissance pourrait être adaptée à l'objectif choisi

-elle ne polluerait pas avec de l'uranium ou du plutonium car la réaction deutérium-tritium donne de l'hélium, non radioactif, et un neutron. Seul ce neutron crée une activation radioactive.

-le dégagement intense de neutrons augmente considérablement l'effet de destruction de la bombe sur les organismes vivants. La zone létale par tonne de TNT est 100 fois plus étendue si l'énergie est dégagée sous forme neutron que sous forme chaleur ou mécanique.

Au niveau diplomatique l'effet de la construction du Mégajoule est une provocation. Non seulement il apparaÓt comme la volonté de certains Etats de conserver un suprématie nucléaire mais aussi pour les pays dits "du seuil" ce projet est une manifestation d'hypocrisie puisqu'il permet à certains (USA et France) de continuer leurs essais de perfectionnement alors que pour d'autres les essais sont prohibés.

Pour les spécialistes des armes, il est clair que la mise au point de nouvelles têtes nucléaires, si toutefois le Mégajoule peut le permettre, va poser inévitablement la question de reprise des essais en vraie grandeur. Il est exclu de ne faire confiance qu'à des codes de calculs et des micro-explosions en laboratoire pour valider une arme. La France, avec l'abandon de son site du Pacifique devra alors envisager un accord avec les Etats-Unis qui conservent bien évidemment leur site du Névada. Le Mégajoule, de ce point de vue, implique à terme de dénoncer les Traités internationaux dûment ratifiés par la France.

En quoi le Mégajoule viole-t-il le CTBT ?

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Le CTBT engage les Etats à ne pas procéder à la moindre explosion de test d'arme nucléaire "ou tout autre explosion nucléaire". La question est donc posée de savoir ce que l'on entend par explosion nucléaire.

Rappelons tout d'abord que l'on a fait dans de nombreux laboratoires des réactions de fusion DT dégageant des flux de neutrons jusqu'à 1014 neutrons par tir. On ne peut pas appeler explosion le simple fait de réaliser une fusion nucléaire. Il faut donc déterminer un seuil au delà duquel on parlera "d'explosion".

Lors des négociations du CTBT, il a été établi un examen poussé des autorisations de certaines explosions par fission. Au départ les USA voulaient que le CTBT autorise les essais hydronucléaires qui sont des expériences en dessous de la limite de criticité (c'est à dire "d'allumage"), bien que parfois très proche de cette limite. Typiquement ces expériences provoquent des explosions jusqu'à 2 kg d'équivalent TNT. Pourtant ils changèrent de position en 1995 et se prononcèrent en faveur d'un traité avec "l'option zéro". Malheureusement "l'option zéro" ne fut pas définie bien que le relevé des négociations pour les explosions hydronucléaires indique clairement que ce devrait être largement en dessous de 2kg d'équivalent TNT. En conséquence, les signataires du CTBT ne sont pas autorisés à mener des expériences hydronucléaires. Par contre, la France et les USA envisagent avec le Mégajoule et le NIF de faire des expériences de fusion atteignant 5kg d'équivalent TNT.

La définition officielle adoptée par le Département de l'Energie (DOE) aux Etats-Unis pour une explosion nucléaire est "un dégagement d'énergie initié par un processus nucléaire pendant une période de temps de l'ordre de la microseconde qui est équivalent au dégagement d'énergie correspondant à l'explosion de 4 pounds (soit 1,8kg) de TNT ou plus (DOE order 452, 1a appendix: definitions, 7). Cette limite de 1,8kg d'équivalent TNT a ensuite été utilisée dans les négociations du CTBT pour faire la distinction entre les tests d'explosion autorisés et ceux non-autorisés.

A ce stade de réflexion on pourrait imaginer que le Mégajoule soit utilisé à plus bas niveau de combustion DT pour ne pas dépasser un seuil de 2kg de TNT, voire moins. Mais même dans ce cas là, on serait encore en situation contradictoire avec le CTBT. En effet, il faut préciser plus en détails ce que l'on peut dénommer explosion "nucléaire".
 
 
 
 

Réflexion sur la notion d'explosion nucléaire

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Plusieurs auteurs ont déjà fait des propositions à la communauté internationale d'une définition de la notion d'explosion nucléaire. Le débat n'a jamais abouti à un accord ... qui inévitablement remettrait en cause le Mégajoule et le NIF.

Une explosion peut être caractérisée par une quantité d'énergie dégagée en un temps de réaction. Pour une réaction nucléaire, une nouvelle notion peut être introduite. Puisque les réactions élémentaires dégagent des neutrons, on peut parler d'explosion si le nombre de neutrons dépasse un seuil à déterminer. Le Mégajoule va produire des flux instantanés de neutrons 106 fois plus intenses que les techniques utilisées jusqu'à présent.

En ce qui concerne la libération spécifique d'énergie, un rapport de Los Alamos de 1987 affirme qu'on pourrait parler d'explosion dès lors que l'explosif nucléaire dégage plus d'énergie que les explosifs chimiques de meilleur rendement (le TNT dégage 1000 calories par gramme). Pour le Mégajoule il est évident que cette définition le condamne définitivement puisque le dégagement d'énergie de la réaction DT est de l'ordre de 1011 calories par gramme.

La notion de durée de dégagement d'énergie retenue souvent par les spécialistes pour caractériser une explosion est la milliseconde. Dans le cas du Mégajoule, les temps de réaction sont environ 10 000 fois plus brefs, ce critère aussi condamnerait le Mégajoule.

La dernière notion à discuter dans le cas d'une explosion nucléaire est celle "d'ignition". En d'autres termes le processus d'allumage de la réaction de fusion. Deux approches sont utilisées par les experts:

-la notion de création d'une "vague de combustion". Cela revient à la notion de criticité, c'est à dire l'idée d'emballement de la réaction en chaîne,

-la notion de gain. En d'autres termes, l'énergie dégagée par la fusion est-elle supérieure à l'énergie dépensée pour l'amorcer ? Dans le cas du Mégajoule, on a vu que le gain escompté est de 10.

Il faut être prudent avec cette notion de gain car de nombreuses expériences à but explicitement militaire pourraient être menées avec un gain juste inférieur à 1, c'est à dire juste en dessous du seuil d'ignition. C'est pour cette raison que les experts qui ont réfléchi aux limitations possibles à imposer pour les explosions nucléaires choisissent des critères plus difficiles à contourner:

-la limite de Richard Garwin, consultant pour les agences gouvernementales américaines propose de restreindre la production de neutrons par tir à 1014. Cela correspond à l'explosion de 0,05 g de TNT et plusieurs expériences ont déjà atteint des valeurs proches. Une telle proposition implique l'abandon du Mégajoule,

-une autre proposition faite par Ray Kidder, spécialiste des armes au Laurence Livermore National Laboratory, l'un des pionniers de la recherche sur la fusion par laser, demande d'interdire l'utilisation de tritium dans tous les essais d'armes nucléaires dont beaucoup sont dopées au tritium car la réaction D+T est relativement simple à "allumer". Si cette limitation était imposée au Mégajoule cela le rendrait dépourvu d'intérêt.

Conclusion

 

Le laser Mégajoule n'est pas conciliable avec les traités internationaux signés par la France, aussi bien le TNP qui explicitement spécifie une "cessation de la course aux armes nucléaires à une date rapprochée" que le CTBT qui engage les Etats à s'abstenir de "toute explosion nucléaire". Seules de volontaires absences de précision dans la notion d'explosion permettent à certains hommes politiques de faire croire à une possible compatibilité du Mégajoule avec le CTBT, hommes politiques qui nient contre toute évidence que le Mégajoule relance la course aux armements.

La communauté internationale gagnerait grandement à faire une clarification officielle. Il appartient aux mouvements opposés aux armements nucléaires à faire pression au niveau des instances concernées (conférence de révision du CTBT, Cour Internationale de La Haye...) pour obtenir les précisions essentielles qui permettront de dénoncer la nouvelle course aux armements engagée avec le Mégajoule en France et le NIF aux Etats-Unis.
 
Dominique Lalanne

lalanne@lal.in2p3.fr

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