Mise
à flot du SNLE-NG Le
Terrible
Nicolas Sarkozy
se jette à l'eau
Le
déplacement du Président de la République
à Cherbourg ce vendredi 21 mars pour une simple mise
à l'eau du quatrième et dernier sous-marin
nucléaire lanceur d'engins de nouvelle génération
(SNLE-NG), Le Terrible, se veut un signal fort
à la veille d'échéances importantes
: pas de rupture dans la politique de la dissuasion
nucléaire !
"L'objectif
de ce déplacement est de réaffirmer
la priorité de la dissuasion nucléaire
de la France à coup de symbole au lieu d'ouvrir
un véritable débat avec l'ensemble des
citoyens sur l'utilité de l'arme nucléaire
pour relever les nouveaux défis que sont, par
exemple, la menace climatique ou la pauvreté
?"
souligne Patrice Bouveret, président de l'Observatoire
des armements / CDRPC.
Pas
question d'attendre 2010 que ce sous-marin entre en
service actif pour aller le "baptiser"!
A l'heure où se préparent les derniers arbitrages
au sein de la commission chargée d'élaborer
le nouveau Livre blanc de la défense et
de la sécurité nationale (prévu
pour la mi-avril) et la nouvelle loi de programmation
militaire pour les années 2009-2013... Sans
compter les inquiétudes pesant tant sur les
réductions d'effectifs militaires que sur la
construction de nouveaux matériels, comme le
second porte-avions, pour cause de coûts trop
important en période de restriction budgétaire.
A moins que le Président s'inquiète
de l'écho favorable que pourraient rencontrer
les "désobéissants" à l'occasion
du troisième tir d'essai dans les Landes du
futur missile nucléaire M-51, prévu
pour les prochaines semaines ?
Le
coût de ce quatrième SNLE-NG, va
approcher les 2,5 milliards d'euros. Un montant 2,7
fois plus élevé (900 millions d'euros) que pour un
SNLE de première génération.
En pleine période de restriction budgétaire,
les moyens affectés àla dissuasion continuent
d'augmenter. Le projet de loi de finances 2008 consacre
ainsi 3 367 millions d'euros en crédits de
paiement (+ 3 % par rapport à 2007) à l'effort
de dissuasion. A ces crédits d'équipements,
il faut encore rajouter notamment la part des crédits
de fonctionnement de la force nucléaire, certains
crédits de recherche et développement
amalgamés avec d'autres lignes budgétaires...
Ce poids budgétaire va encore s'accentuer dès
l'an prochain. La raison est simple : les programmes
commandés au milieu des années 1990
arrivent "enfin" à leurs termes :
SNLE-NG Le Terrible, missile M-51, Laser Mégajoule,
missile ASMPA (air-sol moyenne portée, amélioré)
emporté par les Rafale. Or toutes ces
dépenses vont influer sur le report de certains
programmes militaires conventionnels, comme sur la
baisse d'autres budgets étatiques (culture,
emploi, politique de la ville, écologie...),
et donc sur le contribuable...
Face
aux nouvelles menaces, la dissuasion nucléaire
est-elle vraiment efficace ? Par le passé,
les missiles nucléaires étaient braqués
contre l'URSS et servaient à sanctuariser le
territoire national. Aujourd'hui, selon le discours
officiel, "la France ne se connait pas d'ennemi".
Pourtant, la France augmente la portée intercontinentale
de ces missiles. Le Terrible, sera le premier
SNLE-NG à être équipé des
missiles M51 d'une portée d'environ 8 000 kilomètres,
permettant, par exemple, d'atteindre la Chine... Les
scénarios d'emploi de l'arme nucléaire
ne sont pas adaptés face aux nouvelles menaces
(climatiques, environnementales, de mal-développement,
etc.).
"Il
est temps de mettre en place un véritable plan
de désarmement nucléaire, comme la France
s'y est engagée au sein des Nations unies notamment
par sa signature du Traité de non-prolifération
(TNP)."
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